La solution d’Acwa Robotics pour éviter les fuites
Maëva Gardet-Pizzo
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Il fut un temps - pas si lointain - où l'eau potable était gratuite et semblait être une ressource inépuisable. Les temps ont changé et l'accès à cette ressource est au cœur d'enjeux tant humanitaires de géopolitiques. Ainsi, on estime que d'ici 2030, le déficit mondial en eau potable sera de 40 %. La faute aux dérèglements climatiques mais aussi au gaspillage lié aux fuites des réseaux de distribution. Fuites qui laissent échapper 20 à 40 % de l'eau potable qui y transite.
Pour minimiser ce gâchis, de nombreuses entreprises investissent pour détecter et traiter les fuites dans les meilleurs délais. "Mais plus on dépense pour cela, moins on peut investir sur la prévention et la rénovation du réseau. C'est un cercle vicieux", constate Jean-François Guideroni qui a co-fondé l'entreprise avec Jean-François Rossi.
Pour rompre ce cercle, les deux entrepreneurs ne voient qu'une solution : aller à l'intérieur des canalisations. "C'est le seul moyen d'avoir de bonnes données qui soient exhaustives". Et qui de mieux qu'un robot pour accomplir cette mission ?
"Nous développons un robot qui agit en eau et en pression car on ne doit pas avoir besoin d'interrompre la distribution d'eau pour le faire fonctionner. Il doit par ailleurs être autonome".
C'est là tout le défi technique. Le robot doit être en mesure de réaliser une cartographie du réseau, de rapporter sons, images, et vidéos sans être connecté au monde extérieur, ni par Wifi, ni par GPS. "Il doit gérer les courants, les mouvements et être suffisamment intelligent pour prendre des décisions en cas de réduction du diamètre ou d'obstacles".
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Le réseau français de canalisations étant d'une grande diversité, la startup envisage de créer une série de robots aux caractéristiques variées. Pour l'heure, elle a conçu un premier prototype baptisé Crowller, dédié à des canalisations relativement larges, "200 millimètres ou plus".
Celui-ci lui a valu plusieurs distinctions et l'accès à des financements qui lui ont permis d'embaucher trois salariés. Dans les prochains jours, une première expérimentation sera lancée auprès de la Régie des eaux de Bastia. Un test en grandeur réelle soutenu par la Banque des territoires qui est par ailleurs un des financeurs des services des eaux. "Cela montre que le besoin est important", pense Jean-François Guideroni.
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