L’accès aux soins et à la bancarisation : les deux défis d’Infinity Space
Maëva Gardet-Pizzo
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« En France, quand on tombe malade, on appelle le 15, on vient nous chercher, on est soigné et c'est terminé. Aux États-Unis, en Afrique, et dans beaucoup d'autres endroits du monde, si on n'a pas d'argent, on crève ».
Ce constat que fait Cédric Atangana, c'est la raison d'être de l'entreprise qu'il fonde en 2015 avec Anicelle Kungne, alors qu'il est étudiant au sein de l'école Polytechnique à Marseille.
Originaire du Cameroun où il a travaillé pour Google Douala, il sait combien l'accès à l'argent peut être vital lorsque l'on a besoin d'être soigné. Il sait aussi que dans le monde, 800 millions de personnes ne disposent d'aucun compte en banque. Pour elles, être soigné relève souvent du parcours de combattant.
Ce phénomène est particulièrement prégnant en Afrique. En raison des importants coûts de déploiement, on trouve peu d'agences bancaires, ce qui laisse une grande marge de manœuvre à la monnaie mobile. Le problème, c'est que les acteurs de ce marché sont très nombreux. « On en compte 165 sur l'ensemble du continent », parmi lesquels M-Pesa ou Orange money. Chacun agit dans son coin, sans interopérabilité, sans possibilité de réaliser des achats en ligne. Un problème que propose de résoudre WeCashUp, premier produit de la startup.
Le défi est technique, il a abouti à deux brevets. Il est aussi commercial. « Pendant cinq ans, on a parlé à chaque opérateur et signé des partenariats pour couvrir 36 pays aujourd'hui. On a réalisé un gros travail de terrain entre nos équipes techniques ici et nos partenaires locaux en Afrique et ce n'est pas terminé. Ce continent, c'est trois fois la taille de l'Europe », compare l'entrepreneur. Vingt personnes sont à la manœuvre et elles viennent de mettre à disposition une application financière tout-en-un censée faciliter l'accès à l'argent tout en sécurisant les petits distributeurs (buralistes bien souvent) qui n'ont plus besoin de transporter avec eux d'importantes sommes d'argent. L'outil leur simplifie par ailleurs la tâche et leur libère du temps. « Il faut savoir qu'en Tanzanie, il y a douze opérateurs de monnaie mobile. Les petits distributeurs disposent d'un téléphone pour chacun afin de réaliser les transactions et ils tiennent leur comptabilité manuellement, ce qui les occupe entre 30 minutes et 1 heure chaque soir. Avec We Cash Up, tout est automatisé sur l'appli ».
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