David Lacombled : « Le jumeau numérique est un outil de politique publique »

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Comment imaginer la ville de demain ? Comment l'imaginer de façon à la fois concrète et prospective ? Ce questionnement est celui des responsables de la « construction » des cités. Entre ce qui est imaginé, puis couché sur le papier et les maquettes et enfin réalisé, il y a souvent (toujours) des ajustements nécessaires, plus ou moins importants.
C'est là que le jumeau numérique prend toute sa saveur et sa valeur. Car la modélisation 3D, par essence grandeur nature, est celle qui permet de mieux appréhender les conséquences de l'aménagement des villes, de la meilleure façon de déployer les réseaux, les systèmes, de confronter des scenarii, notamment d'anticiper ceux qui ne sont pas encore connus. Et ce que défend La Villa Numéris, c'est cette idée d'un jumeau numérique capable d'appréhender les évolutions des attentes, des citoyens, des acteurs économiques, des élus aussi.
Métropolisation sans fin
Autant dire que le sujet prend un peu plus d'importance encore quand on considère à la fois l'effet de métropolisation et l'impact qu'à le coronavirus sur l'aspiration des citoyens à un espace de vie durable, sain, capable de prendre en compte vraiment les enjeux climatiques.
« Le sujet c'est une métropolisation sans fin dans des espaces plus urbains », dit David Lacombled. « Rien ne semble freiner la croissance et la concentration des centres urbains. En 2050, plus de deux tiers de l'humanité vivra en ville, d'après l'ONU. Le seuil de 50% a été franchi en 2017. On a pensé que l'exode rural, encouragé par la crise, allait prendre de l'ampleur, sauf que ça ne se passe pas comme ça. Aller habiter à la campagne n'est pas forcément une solution plus écologique : la voiture est nécessaire pour se déplacer par exemple. Néanmoins, on voit bien que les frontières des territoires sont floues », poursuit le président du think tank.
Et c'est donc là où la modélisation 3D offre tout son intérêt. « Elle permet de mobiliser et d'engager la population, elle permet d'anticiper les phases de concertation avec la population, de séquencer les étapes, de prévoir les incidents de travaux... » égrène David Lacombled. Insistant sur la nécessité d'utiliser ce digital twinpour une vision vraiment globale et pas parcellaire.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Laurence Bottero