Rafael José Argüello, figure montante de l’immunologie à Marseille
Maëva Gardet-Pizzo
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Photo d'illustration
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Il occupe un étroit bureau du Centre d'immunologie de Marseille-Luminy. Protégée du soleil par des rideaux jaunes, la pièce est habitée par un amoncellement de documents en tout genre. Des photos, un calendrier généreusement raturé au stylo rouge et une vaste collection de livres. Parmi eux, un épais pavé bleu posé sur le bureau semble prendre une importance majeure pour son propriétaire, « Bioquímica » en est l'intitulé. Juste à côté, une carte de visite fraîchement posée indique le nom d'une entreprise voisine : HalioDX, spécialiste des tests diagnostiques en immunothérapies. « Nous avons eu des discussions avec eux. On commence aussi à collaborer avec le CRCM et l'Institut anti-cancer Paoli Calmettes ».
Si ces acteurs s'intéressent de près au chercheur, c'est parce qu'il vient de publier dans la prestigieuse revue Cell Metabolism un article mettant au jour un procédé porteur d'espoirs dans le domaine des immunothérapies. Publication qui couronne des années de recherche et de travail d'équipe.
Un terreau familial irrigué par les sciences
Après une enfance en Patagonie dans « un village très près de la nature », Rafael José Argüello s'oriente vers des études en sciences. Un choix assez naturel tant le terreau familial est irrigué par cette discipline. « Ma mère est pédiatre et on a eu plusieurs scientifiques dans la famille », dit-il. Parmi eux, une grand-mère qui lui transmet sa curiosité pour la nature, mais aussi le prix Nobel de physiologie de 1947 Bernardo Alberto Houssay. « C'était l'oncle et parrain de ma grand mèr e».
A seize ans, Rafael Argüello choisit de présenter à sa classe une monographie sur la synthèse de protéines. Le sujet le fascine. Il veut en savoir plus mais les livres ne suffisent pas à assouvir sa soif de connaissance. Deux ans plus tard, il rejoint la faculté de sciences de Buenos Aires où il étudie la biologie moléculaire. Sa passion pour le fonctionnement des cellules s'aiguise. Au cours de sa thèse, il découvre un biomarqueur qui permet d'identifier plus rapidement la présence d'une maladie tropicale de Chagas sur des patients traités. Désormais, deux à trois mois suffisent pour savoir si le traitement a été efficace, contre quatre ans auparavant. La découverte donne lieu à trois publications et à de nombreuses citations.
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