Nanoz en recherche d’un accélérateur d’industrialisation
Maëva Gardet-Pizzo
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C'est une rencontre avec le monde de la recherche publique qui a élargi ses perspectives. Créée en 2012, la société Nanoz avait pour idée initiale de concevoir un détecteur de fumée suffisamment petit pour être placé à l'intérieur d'une ampoule. C'est alors qu'elle croise la route de deux chercheurs du laboratoire IM2NP (Unité de recherche pluridisciplinaire aux confluents de la physique, de la chimie et de la micro-électronique, porté par le CNRS, Aix-Marseille Université et l'Université de Toulon). « Ce laboratoire avait mis au point une technologie capable de détecter différents gaz », explique Thibaud Sellam, président de la PME.
Accompagnée par la Satt Sud-Est, l'entreprise obtient une licence exclusive pour cette invention. Invention pour laquelle elle imagine un large spectre d'applications. « Faute de capteurs suffisamment petits et accessibles, peu de choses étaient proposées dans le domaine de l'électronique grand public, les téléphones et objets connectés ». Sont également ciblées l'industrie pour la maintenance prédictive, ou l'évaluation de la qualité de l'air. « Pour l'heure, on utilise de grosses machines très chères. Or, d'une rue à l'autre, la pollution n'est pas la même. Avec des capteurs à bas coût mis partout, on pourrait avoir des données plus précises et faire de la prédiction ».
Au terme de six années de recherche et développement et deux années de prototypage industriel, elle propose un capteur de 2,8 mm de côté. Une taille qui lui permet de s'intégrer aisément dans tout type d'objet. Mais son atout majeur réside dans sa capacité à distinguer un gaz parmi d'autres dans un environnement, ce que Nanoz appelle la « sélectivité ».
Pour l'heure, un capteur est en mesure de détecter un gaz à la fois. Mais la recherche se poursuit pour transformer l'outil en un nez électronique capable d'identifier plusieurs gaz. « A moyen terme, on souhaite que le capteur soit en mesure de reconnaître deux à trois gaz à la fois. A long terme, on aimerait passer à cinq ou dix ». Et ainsi identifier des signatures. « Par exemple, s'il y a de la viande périmée dans un frigo, on pourrait le savoir grâce à une signature, un mélange de gaz particulier. Même chose pour mesurer le stress issu du corps ». C'est là que les perspectives s'avèrent quasi illimitées.
Maëva Gardet-Pizzo