Spécialiste du traitement innovant du vertige, Vertidiag veut lever 5 M€
Maëva Gardet-Pizzo
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Niché au creux de l'oreille interne, le système vestibulaire - dont la forme rappelle celle d'un escargot - joue un rôle majeur dans l'équilibre. C'est à lui que revient la tâche de rééquilibrer le corps dans l'espace, de réorienter la tête sur le corps ou encore de maintenir le regard fixe. Lorsqu'il dysfonctionne, il peut provoquer des vertiges d'intensité et de fréquence variables.
Les femmes sont les plus touchées, elles qui représentent deux tiers des patients atteints de vertiges. En cause la ménopause, mais aussi des pathologies comme la maladie de Ménière. Cette dernière se caractérise par la présence d'acouphènes et de troubles de l'audition, ainsi que par d'importants vertiges prenant la forme de crises répétées. « Au début, ces crises ont lieu tous les ans, puis c'est de plus en plus fréquent et très handicapant », décrit Nicolas Chanut, président de Vertidiag
De manière générale, on estime que 155 millions de personnes sont concernées par des troubles vestibulaires en Europe et aux États-Unis. « Cela représente 1,6 % des motifs de consultation », assure Nicolas Chanut. Un taux qui atteint les 2,7 % chez les plus de 60 ans. Pourtant, aucun traitement efficace ne leur est proposé. « Aux États-Unis, aucun n'a été autorisé. En France, il y en a un mais on ne sait pas vraiment quand, comment et pour qui il fonctionne. Les médecins le prescrivent faute de mieux ». C'est pour remplir ce vide thérapeutique qu'une équipe du CNRS s'est engagée, il y a une trentaine d'années, à mieux comprendre les désordres vestibulaires pour mieux les soigner. Et ce sont ces travaux qui ont abouti à la création du spin-off Vertidiag.
En s'appuyant sur une meilleure connaissance des canaux impliqués, elle a pu identifier deux molécules capables d'agir sur ces troubles, molécules pour lesquelles elle détient une licence exclusive.
La première, VE-101, est issue du venin d'abeille et serait en mesure d'atténuer les crises tout en permettant un retour plus rapide à l'équilibre. « Pour cette molécule, nous sommes en phase préclinique et approfondissons nos connaissances sur le modèle animal ». Une tâche qui devrait encore durer 18 mois.
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