Comment Livmed’s ubérise la livraison de médicaments en accéléré
Gaëlle Cloarec
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Il est des hasards qui font bien les choses. Les débuts sur les chapeaux de roues de la jeune pousse niçoise Livmed's, spécialisée dans la livraison à domicile de médicaments, en attestent. L'idée, née au printemps 2019 à la faveur de la généralisation du dossier médical partagé à l'ensemble des Français, bien avant la crise sanitaire donc, s'est concrétisée en décembre 2020, date du lancement de l'app mobile éponyme à Nice avec une poignée de pharmacies partenaires. Trois mois plus tard, le service est disponible dans les principales villes de la façade méditerranéenne, entre Menton et Marseille, à Lyon et à Paris, avec plus de 200 officines inscrites au compteur. Un déploiement à marche un peu forcée, motivé par une demande dont l'accélération a pris de court son dirigeant, Talel Hakimi. "Nous avions imaginé conforter notre réseau en local avant d'élargir au national, mais l'accumulation des commandes de clients parisiens, impossible à servir alors, nous a conduits à changer notre fusil d'épaule. On ne s'est pas trompé : il y a un vrai engouement qui correspond à un réel besoin".
Sur le principe, l'idée n'est pas nouvelle : mettre en relation un client - le patient ou le professionnel de santé mandaté par ce même patient -, un commerce - la pharmacie - et un livreur. Il est même étonnant qu'elle n'ait pas été développée plus tôt, la personne malade étant la moins apte à se déplacer. Pourtant, parmi ceux qui s'y sont essayés, beaucoup se sont cassé les dents. Les groupements de pharmacies par exemple. "Il leur a manqué le volet communication, qui leur est interdit, et surtout l'élément déclencheur qu'a été la pandémie de la Covid-19", estime le dirigeant. Pour qui la crise sanitaire a clairement constitué un marchepied. Notamment auprès des cadres urbains, le gros de sa clientèle, qui n'ont "ni le temps de se déplacer, ni l'envie de s'exposer au risque".
Autre point plaidant en sa faveur : son business model, qui laisse la charge de la livraison au client. Une façon de challenger les besoins du marché, mais aussi un parti-pris différenciant par rapport aux services concurrents qui vise à faciliter l'adhésion des pharmaciens et à accélérer la constitution d'un réseau suffisamment dense pour permettre d'assurer une livraison en moins de 30 minutes sur chacun des territoires couverts. Un positionnement BtoC que Talel Hakimi, ex-courtier en assurance spécialisé dans la téléconsultation, veut toutefois faire évoluer vers le BtoBtoC pour les produits hors parapharmacie. Des négociations sont en cours avec les mutuelles et les services d'assistance afin d'inclure le service Livemed's dans leur pack bien-être pour les premières, aide à domicile pour les seconds. L'objectif étant d'amortir les frais de livraison pour les personnes malades. Un système d'abonnement va également être mis en place pour fidéliser la clientèle.
Gaëlle Cloarec