Après les compléments alimentaires, Abyssea s’intéresse à la nutricosmétique
Maëva Gardet-Pizzo
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Avec leur goût généralement iodé, les algues ont d'abord conquis le marché européen par les palais, présentées sous forme de salades ou comme enrobage aux sushis sur les tables des restaurants japonais. Ce n'est qu'ensuite qu'est né l'attrait pour les micro-algues, moins pour leur qualité gustative que pour leur potentiel nutraceutique. La plus connue d'entre elles est la spiruline. Proposée en poudre ou en gélule, elle permet de combattre l'anémie et la fatigue physique. Très souvent, elle constitue la porte d'entrée par laquelle les consommateurs entrent dans le monde des micro-algues. C'est aussi par là que commence l'aventure d'Aquabiomass et de sa marque Abyssea.
Nous sommes en 2011 lorsque Stéphanie Pierre achève son doctorat en biologie moléculaire marine. Plutôt que de poursuivre son parcours dans la recherche académique, elle décide de mettre les découvertes de son laboratoire à profit des consommateurs.
Dans un premier temps, elle décide de produire elle-même sa spiruline, faute de producteurs suffisamment gros et qualitatifs sur le territoire. « A cette époque, il y avait beaucoup d'offre mais 90 % venait de Chine et était peu qualitative ». La commercialisation débute en 2015. Deux ans plus tard, elle souhaite élargir sa gamme en proposant de la chlorelle, réputée pour son potentiel détoxifiant. Mais cette fois, elle renonce à produire elle-même. Trop compliqué en termes de foncier et d'organisation. Elle trouve un producteur dans le Nord. Se pose alors la question du maintien de la production internalisée de spiruline qui l'occupe chaque jour de mars à novembre. « Lorsque j'ai intégré l'accélérateur Toulon Var Technologie (TVT), cela m'a aidée à sortir la tête du guidon et à prendre de la hauteur. J'ai compris que si je voulais vraiment développer la marque, il fallait arrêter la production ».
En 2017, toute la production est externalisée. En France si possible, mais pas exclusivement. « Par exemple pour la chlorelle, nous avons commencé à Lille puis j'ai trouvé une autre producteur au Portugal dont les techniques de culture correspondaient davantage à mes critères ». La qualité avant la proximité. Gage de différenciation sur un marché où le low-cost et l'opacité restent maîtres.
Maëva Gardet-Pizzo