Oléoinnov : les biotechnologies pour mieux valoriser les coproduits agricoles

Laurence Bottero
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Qu'ils soient issus du monde de la recherche ou de celui de l'industrie, de plus en plus d'acteurs se penchent sur la valorisation des déchets résultant de l'exploitation agricole ou de la transformation agroalimentaire. On pense à la paille et au son de céréales ou encore aux épluchures de fruits et légumes. L'enjeu est double puisqu'il s'agit à la fois d'éviter le gaspillage (et donc la surexploitation des sols) et d'offrir un complément de revenu aux agriculteurs.
C'est dans cette démarche que s'inscrit Oléoinnov. Avec une particularité qui lui permet de se différencier de bon nombre de ses concurrents : le recours aux biotechnologies. « Notre valeur ajoutée, c'est notre bonne connaissance des matrices végétales et de la composition des coproduits », assure ainsi Frédéric Fine qui a auparavant travaillé plus de dix ans pour Terres Inovia, un institut technique spécialisé dans la filière des huiles et protéines végétales, ainsi que de la filière chanvre.
En partenariat avec l'Inrae à Marseille, il se penche alors sur un co-produit en particulier : le tourteau de plantes oléagineuses qui est le résidu solide résultant de l'extraction de l'huile des graines.
La poudre obtenue est utilisée dans l'alimentation animale sous forme de granulé. Mais chez certaines espèces animales, volailles en particulier, le tourteau est assez mal digéré en raison d'une trop forte concentration de lignocellulose, des fibres peu digestes.
Frédéric Fine découvre alors qu'un champignon raffole de ces fibres qu'il dégrade, ce qui le rend le tourteau plus digeste et en accroît la valeur marchande, passant d'un prix de 300 euros la tonne à 350 euros. Et cerise sur le gâteau, la dégradation du tourteau par ce champignon génère des molécules à forte valeur ajoutée susceptibles d'intéresser des industriels.
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C'est pour tester ce potentiel commercial que Frédéric Fine fonde en 2019 Oléoinnov, autour de deux activités.
Laurence Bottero