Spécialiste des micro-organismes pour l’agriculture raisonnée, Biointrant s’industrialise
Maëva Gardet-Pizzo
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Les micro-organismes constituent un univers invisible sans lequel aucune vie ne pourrait exister.
Chez l'humain comme chez l'ensemble des êtres vivants, on parle de microbiome pour définir ces microbes qui font partie intégrante de nos organismes. Ces bactéries et champignons constituent des colonies qui nous habitent et qui sont impliquées dans bon nombre de nos fonctions vitales. Le microbiome présent sur la peau nous protège des agressions extérieures quand celui qui occupe nos intestins a pour fonction de transformer les aliments en nutriments. On retrouve le même type de mécanisme au sein du système racinaire des végétaux.
Renaud Nalin, initialement chercheur en écologie microbienne, a exploré cet univers sous plusieurs angles. Dans les années 2000, il troque sa blouse de scientifique contre un costume d'entrepreneur et crée plusieurs sociétés visant à valoriser le potentiel de ces micro-organismes. Que ce soit dans les cosmétiques, dans la chimie fine, ou dans la santé.
Puis il découvre le travail mené par un laboratoire de recherché dédié à l'écologie microbienne de la rhizosphère (la partie du sol pénétrée par les racines des plantes et les micro-organismes associés). Il s'agit du laboratoire Lemire, porté par le CEA, le CNRS et Aix-Marseille Université. « Ils avaient développé une souchothèque, c'est-à-dire une bibliothèque de bactéries particulièrement intéressantes dans leur capacité à s'associer à des plantes cultivées », raconte Renaud Nalin.
Ces bactéries auraient le potentiel de stimuler les plantes en réduisant le recours aux produits phytosanitaires et aux engrais. Un moyen pour les agriculteurs de s'adapter aux nouvelles normes tout en répondant à la demande des consommateurs pour une agriculture plus raisonnée. « Il y avait un intérêt de valorisation fort, sauf que le laboratoire n'avait pas de velléités à assurer ce travail. Mais grâce à leur coopération, nous avons pu mettre en place une structure pour valoriser leur bibliothèque de bactéries dans des bio-solutions avec une application agronomique ».
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