Camille Léandri, la cavalière qui veut digitaliser la demi-pension cheval
Gaëlle Cloarec
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C'est le genre d'idées qui naît un peu par hasard, au détour d'une conversation. Celle-ci s'intéressait à la demi-pension, une pratique informelle dans le monde équestre qui consiste à partager les frais et l'utilisation d'un cheval entre plusieurs cavaliers. "Pourquoi cela ne prend-il pas plus que ça ?", s'interroge alors Camille Léandri. Passionnée d'équitation, qu'elle enseigne, la jeune femme, titulaire d'une licence en management des activités équestres, y consacre son devoir de master. "L'idée en soi n'était pas nouvelle mais il manquait un cadre permettant l'émergence d'une vraie communauté", explique celle qui se fixe alors l'objectif "de formaliser ce marché", en commençant par lui donner un nom, la co-pension, et un outil, la plateforme web HorseSinergia. Laquelle offre la possibilité "de faire se rencontrer les cavaliers et les propriétaires dans une approche de confiance et de pérennité".
Dans cette aventure hippique, Camille Léandri n'est évidemment pas seule. Elle s'associe à Léna, Quentin et Kélain avec lesquels elle forme la "Team". "Deux cavalières et deux geeks", sourit-elle. Soit, un combo à la moyenne d'âge de 25 ans qui couvre "un large spectre de compétences" et qui, à travers leur solution, entend prôner "les valeurs du partage, du bien-être animal et du respect de l'environnement". "Il s'agit de développer une nouvelle approche du cheval et de la relation qu'on entretient avec lui en apportant reconnaissance et protection au trio formé par la co-pension, à savoir le propriétaire, le cavalier et l'animal". Dont acte.
Testée dans un premier temps sous la forme d'une auto-entreprise, HorseSinergia devient une SAS niçoise en 2020. Développée en interne, la plateforme d'intermédiation est lancée un an plus tard, en février, avec un premier service de mise en relation via un algorithme qui évalue la compatibilité des profils du cavalier, du cheval et des modalités de co-pension désirées. Un peu comme dans un site de rencontre, pour lequel une monnaie virtuelle a été imaginée, le Horse Coin. "En quatre mois, précise-t-elle, on a enregistré plus de 600 inscriptions et permis plus de 300 mises en relation". Un démarrage jugé prometteur par la lauréate du Prix de l'Entrepreneuriat au Féminin Cannes Côte d'Azur 2021 décerné par Les Premières Sud. "C'est une micro-niche de marché mais à fort potentiel de développement quand on sait qu'il y a en France 2,2 millions de pratiquants parmi lesquels 600 000 licenciés, 560 000 propriétaires et que 50% d'entre eux seraient intéressés par le système de co-pension".
Gaëlle Cloarec