Recyclage des eaux grises : FGWRS expérimente et attend son heure (réglementaire)
Gaëlle Cloarec
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Bâton de pèlerin à la main, Pierre Magnes admet parfois son incompréhension. "Tout le monde dit qu'il faut le faire, alors j'essaie de comprendre pourquoi ce n'est pas déjà fait". L'objet de son désarroi ? Une réglementation qui interdit en France le recours aux eaux grises traitées, entendez la réutilisation après traitement des eaux provenant des douches, baignoires, lavabos, lave-linge, cuisine... pour des usages domestiques. Une position quasi anachronique à l'heure de l'urgence climatique qui fait qu'aujourd'hui encore, "l'eau utilisée pour la cuvette des WC est une eau potable. C'est complètement aberrant." C'est dire si, dans ce contexte, le signal envoyé en 2019 lors des Assises de l'eau par le ministère de la Transition écologique de vouloir tripler d'ici à 2025 l'usage de l'eau non conventionnelle - dont les eaux grises - a été très favorablement perçu par les acteurs du secteur.
Parmi eux, Pierre Magnes, fondateur de la jeune pousse Firmus Grey Water Recycling System (FGWRS). Née en 2017, la start-up hébergée au sein de l'incubateur-accélérateur MonacoTech conçoit et commercialise des stations de recyclage des eaux grises, qui les traite pour réutilisation (jusqu'à 80%) mais aussi permet de les transformer en énergie fatale. "On est dans la vraie économie circulaire", insiste-t-il. Ces stations sont issues d'une technologie développée par Firmus France (société sœur de FGWRS basée en Occitanie) en coopération avec l'Agence Spatiale Européenne (ESA) dans le cadre de travaux de recherche liés aux vols spatiaux de longue durée. Une technologie éprouvée puisqu'elle équipe depuis 2005, en Antarctique, la station terrestre de recherche franco-italienne Concordia. "Cela fait plus de 15 ans maintenant qu'on recycle les eaux grises de la station qui a accueilli depuis plus de 1300 personnes sans aucun incident technique ni sanitaire", avance le dirigeant. Lequel, au travers de FGWRS, labellisée Solar Impulse en 2019, l'a donc déclinée en deux gammes d'appareils.
Gaëlle Cloarec