Syroco : quand l’exploit sportif contribue à verdir le transport maritime
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Pour batte un record de vitesse en voile, en kite surf, ou dans tout autre sport sur l'eau s'appuyant sur la force du vent, l'innovation joue un rôle majeur. Alexandre Caizergues, champion du monde de kite surf et détenteur de plusieurs records, le sait bien. Mais avec le temps il finit par s'interroger : « Pourquoi investir autant dans la recherche, l'innovation et le développement de solutions seulement pour la performance, sans autre finalité ? ». Il se dit qu'il y a certainement matière à « capitaliser sur tout ce savoir-faire ». Et de le mettre au service d'un monde qui lui est cher : celui de la mer. Un monde qui fait d'ailleurs face à un défi - et pas des moindres - : celui de la transition écologique.
La réflexion fait son chemin. Puis c'est une série de rencontres, avec des hommes du milieu de la startup et du maritime, qui donne corps à un projet entrepreneurial, porté par cinq associés. Parmi eux, Bernard Diard, fondateur de la licorne Talend, mais aussi Yves de Montcheuil, venu de l'univers des startups du logiciel et de la big data. « Je ne suis pas du tout issu du monde de la mer, dit-il, mais j'ai été conquis par le concept ». Utiliser la réalisation d'exploits sportifs pionniers pour innover en faveur de la transition écologique, cela l'emballe. Mais pour y parvenir, il faut un modèle économique viable.
Ainsi, si les exploits sportifs sont habituellement financés dans le cadre de contrats de sponsoring, il faut ici imaginer un modèle pérenne, capable de s'auto-alimenter. « L'idée est donc de concevoir et de commercialiser des produits issus de l'innovation mise en œuvre pour la réalisation de ces exploits », explique Alexandre Caizergues. C'est de ce modèle que naît, en juin 2019 la startup Syroco.
Et elle attaque avec un premier exploit sportif : celui de battre le record de vitesse sur eau propulsé par le vent, établi à 121 km/h. Son objectif : 150 km/h.
Pour y parvenir, un impératif : il faut sécuriser le pilote dans une sorte de cockpit, façon Formule 1. Mais cela exige d'importants moyens humains et financiers. Moyens dont l'entreprise se dote à travers un premier tour de table qui lui permet de lever 600.000 euros, auxquels s'ajoutent des aides de Bpifrance et de la Région Sud.
Maëva Gardet-Pizzo