Trimed’s, la marketplace anti-gaspi des produits de santé
Gaëlle Cloarec
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Photo d'illustration
Pixabay
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Il est des chiffres qui parlent d'eux-mêmes. Celui du gaspillage des produits de santé, par exemple. "On estime qu'il y a chaque année entre 15.000 et 20.000 euros de produits jetés par pharmacie. Quand on rapporte ce montant au nombre d'officines physiques en France, 21.000, on dépasse les 300 millions d'euros. Et si on y inclut les grossistes répartiteurs et les laboratoires, on atteint le milliard d'euros. A la poubelle". L'homme qui tient les comptes, c'est Jean-Nicolas Vincenti, docteur en pharmacie, diplômé en 2014 de la faculté de Marseille et fondateur de Trimed's. Née à Nice en septembre 2020, installée à Monacotech, elle développe une marketplace dédiée à l'achat et à la vente de tous les produits de santé invendus ou proches de leur date de péremption.
"Il faut savoir que le secteur de la pharmacie évolue dans un système qui incite au volume, explique le dirigeant. Le pharmacien est propriétaire de ses stocks qu'il achète auprès des grossistes répartiteurs ou des laboratoires pharmaceutiques, et pour bénéficier de bonnes remises, il a souvent tendance à surstocker. Evidemment, tout n'est pas vendu. Le reliquat part à la benne". Or, depuis le 1er janvier 2022, la mesure de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) concernant l'interdiction d'éliminer les produits d'hygiène et de puériculture, qui tiennent bonne place dans les officines, est entrée en vigueur. "La loi AGEC s'inspire de la loi de 2016 qui interdisait la destruction des produits alimentaires pour interdire progressivement celle des produits non-alimentaires. Cela va pousser les pharmaciens à changer de paradigme."
Trimed's se présente donc comme une réponse à la loi AGEC pour les pharmaciens. Opérationnelle depuis mars 2021, elle adresse d'abord le marché BtoB. "Le pharmacien vendeur met un produit en ligne avec au moins une remise de 50% par rapport au prix public TTC, lui permettant ainsi de récupérer un peu d'argent. Le pharmacien acheteur, lui, dispose d'un produit à un prix imbattable", détaille Jean-Nicolas Vincenti. Lequel revendique 230 pharmaciens inscrits à ce jour sur la plateforme, soit "1% des pharmaciens en France", et un panier moyen de 525 euros. La jeune pousse de 5 personnes se rémunère via un pourcentage sur le montant des transactions.
Gaëlle Cloarec