Senseen, la start-up qui mesure le stress des plantes
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Olivier Mirguet
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Olivier Mirguet
Connaissez-vous le potentiel Redox (potentiel d'oxydoréduction) ? En agroécologie, cette grandeur exprimée en volt évalue l'état de santé des cultures en caractérisant les échanges d'électrons dans le sol, donc son oxydation. Combinée au PH (les échanges de protons), celle-ci permet de savoir si le sol est dégradé et pauvre en matière organique. Obligées de compenser, les plantes entrent en situation de stress, ce qui impacte leur développement et leur résilience face aux maladies. Le potentiel Redox apparaît donc en théorie comme l'un des indicateurs clés pour la conception et le pilotage de systèmes de culture agroécologiques qui visent à prendre en considération les écosystèmes dans la production.
Aux intrants utilisés par l'agriculture traditionnelle (produits phytosanitaires, semences non biologiques...), l'agroécologie oppose en effet les interactions entre les organismes naturels présents dans un sol préservé permettant ainsi d'optimiser récoltes et rendement tout en diminuant les impacts négatifs pour l'environnement. Le hic, c'est que cette nouvelle approche liée à l'état de stress des plantes et au potentiel Redox, portée par des chercheurs du Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (Cirad), nécessite des mesures d'évaluation de routine, difficiles à mettre en place car très complexes et ne disposant pas forcément de l'outil adéquat.
À lire également
C'est là qu'intervient Senseen. Fondée en 2020, la jeune pousse basée à Sophia Antipolis a développé un scanner capable de mesurer le potentiel Redox par la lumière. "C'est un spectromètre à infrarouge portatif qui en faisant vibrer les atomes nous permet d'obtenir une photocopie de la matière que notre IA va alors analyser", explique son dirigeant, Philippe Cousin. Une sorte de "laboratoire de poche, combinant spectromètre miniature, intelligence artificielle, deep learning (réseau de neurones)" qui mesure en routine sur le terrain les paramètres de stress et ainsi évalue l'état des cultures. Et ce, "à bas coût", insiste-t-il.
Gaëlle Cloarec