HighWind, la solution qui sait rendre les appels d’urgence plus efficaces
Gaëlle Cloarec
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Connaissez-vous le concept de la Golden Hour ? En médecine, ce sont ces soixante minutes ô combien capitales qui suivent une urgence grave et durant lesquelles le taux de survie diminue drastiquement à mesure que le temps passe. Autrement dit, chaque minute devient vitale et toutes celles perdues dans le transport ou l'appel d'urgence augmentent significativement les pertes de chance. C'est là qu'intervient la start-up HighWind.
Basée à Nice et à Paris, elle s'attaque à la problématique des appels d'urgence, lesquels durent en moyenne entre douze et quinze minutes. "La dernière évolution majeure des appels d'urgence, c'est l'introduction du 112 en 1997, mais la manière de communiquer avec le Samu ou les pompiers, elle, n'a pas changé depuis les années 60. Elle est toujours basée sur une technologie de communication vocale, explique son dirigeant et cofondateur, Adrien Ricci. C'est quelque chose qui paraît aujourd'hui complètement anachronique. Dans une société où nous pouvons suivre en temps réel la livraison d'un plateau de sushis, nous sommes incapables de savoir quand va arriver l'ambulance qui sauvera une vie".
Partant de ce constant, HighWind a développé une solution bicéphale qui vise donc à réduire ce temps d'appel en étant plus efficace dans la communication. Celle-ci se matérialise d'abord par une application smartphone permettant d'envoyer en même temps que l'appel des photos, positions GPS et informations pré-enregistrées (âge, allergie, groupe sanguin...) "dans le respect du RGPD", précise-t-il. Destinée à tout un chacun, elle est gratuite et disponible sous Androïd, demain sous Apple, en attendant, c'est un des objectifs, d'être un jour intégrée directement au sein des terminaux.
Le second volet de la solution s'intéresse aux interfaces du Samu ou des pompiers, et ce à travers le déploiement d'une intelligence artificielle, brevetée, capable de fournir un pré-diagnostic de la situation d'urgence sur la base des photos envoyées. "Sur ces photos, nous allons nous intéresser à trois types d'analyses : la traumatologie, à savoir quels sont les types de blessures visibles, la contextualisation de l'urgence, autrement dit, est-on dans la configuration d'un incendie, d'un accident de la route, d'une inondation..., et enfin l'émotion de la personne", détaille le dirigeant. L'idée étant de donner un maximum d'indices pour aider à prioriser les appels. A cet égard, cette solution est présentée comme particulièrement adaptée aux catastrophes majeures, qu'elles soient liées à l'homme comme lors de l'attentat du 14 juillet à Nice, ou au climat, à l'image des inondations de la Roya. "Dans ces moments-là, le nombre d'appels explose, d'où la nécessité d'être capable de les pré-qualifier".
Gaëlle Cloarec