Up Drive, l’outil de gestion qui mesure la performance des VTC
Gaëlle Cloarec
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VTC pour Véhicule de Transport avec Chauffeur. Ces trois petites lettres ont fait couler beaucoup d'encre depuis la création du statut en 2009 et le développement accéléré, fortement portée par les plateformes dédiées, de ce segment du marché du transport public particulier de personnes (T3P). On en dénombre environ 75.000 en France, dont 40.000 travaillant via Uber, Chauffeur Privé, Heetch et compagnies, bien que ces chiffres soient difficiles à préciser. La faute à un turn-over important, à un nombre notable de chauffeurs fantômes, inscrits au registre des VTC mais considérés comme inactifs, et à une grande fragilité financière. Selon l'étude du cabinet spécialisé dans les analyses économiques des données Stacian, le revenu moyen en 2016 des chauffeurs VTC était de moitié inférieur à celui des taxis.
C'est à cette problématique que s'attaque la jeune pousse cannoise Up Drive. Au volant, Anna Boukra, formatrice VTC et consultante en création d'entreprise. En 10 ans, elle a formé et préparé à l'examen plus de 5.300 candidats, et tiré le constat que "sans vision réelle de leur rentabilité, ils vont droit dans le mur." Fondée en 2020, Up Drive propose donc un outil de gestion dédié à ces chauffeurs indépendants, ceux qui ont constitué leur propre clientèle comme ceux qui passent par les plateformes numériques. "C'était une demande forte et répétée des candidats, explique la dirigeante, à la recherche d'un logiciel leur permettant d'éditer des devis, bons de réservation et factures, de déterminer le prix d'une course, etc..." Et ce de façon personnalisée, en prenant en compte toutes les charges (fixes, sociales...) liées à leur activité. L'idée étant de déterminer un coût de revient kilométrique au plus juste "afin de se fixer des objectifs et atteindre le bénéfice recherché".
"C'est ce qui manque aux chauffeurs de plateformes, lesquelles ne communiquent qu'un seul indicateur qui est le chiffre d'affaires. Par conséquent, ces chauffeurs n'ont aucune visibilité sur leur rentabilité et 80% d'entre eux jettent l'éponge avant la fin de leur premier exercice", avance celle qui vise donc les deux catégories d'acteurs du marché et un chiffre d'affaires de 190.000 euros en 2023. "L'objectif, reprend-elle, consiste à construire un écosystème VTC en créant des synergies entre les prescripteurs fédérations et centres de formation". Il s'agira également d'installer un système de parrainage afin "de transformer nos abonnés en ambassadeurs".
Gaëlle Cloarec