EmboBio, la deeptech qui mêle médecine et cuisine moléculaire pour permettre l'embolisation
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Professeur au sein d'Aix-Marseille Université, Vincent Vidal est aussi radiologue interventionnel à l'AP-HM. Sa mission : traiter anomalies et maladies à l'aide de l'imagerie qui permet de le guider jusqu'aux organes profonds et les traiter. Parmi les actes qu'il pratique régulièrement : l'embolisation. Il s'agit alors d'obstruer un vaisseau sanguin, soit parce que celui-ci nourrit une tumeur, soit parce qu'il subit une hémorragie.
Le professeur est également impliqué dans le projet Fair-Embo. Un projet humanitaire adossé à une chaire du même nom, qui se donne pour mission de rendre l'embolisation plus accessible dans des pays où ce type de méthode coûte trop cher.
Un agenda certainement chargé, qui ne l'empêche pas, de temps à autre, de regarder la télévision. C'est ainsi qu'il tombe sur une émission dans laquelle est présent le très médiatique chef étoilé Thierry Marx. Ce jour-là, le chef parle de produits bio... et de cuisine moléculaire. Tiens donc. Et si cela permettait de fabriquer des dispositifs d'embolisation naturels ? On éviterait ainsi la gélatine de porc, les billes d'acier ou de PVA couramment utilisées dans ce type d'actes, ce qui n'est pas toujours facile à assumer pour les médecins et à digérer pour les patients. Et puis, cela permettrait peut-être de concevoir un produit bon marché, facile à produire... Qui ne tente rien n'a rien : le professeur appelle Thierry Marx.
« Il a réussi à le joindre et Thierry Marx était curieux lui aussi », raconte Hugues Sachot, PDG d'Embobio qui connaît de longue date le professeur Vidal. Avec Raphaël Haumont, professeur à l'Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay, ils testent plusieurs recettes avec plusieurs textures et niveaux de viscosité. Jusqu'à obtenir, grâce à la déshydratation et à la compression d'agar-agar, la texture idéale.
À lire également
Une première étude de faisabilité est menée sur des animaux. Elle est concluante. L'embolisation fonctionne. Elle résiste et ne provoque par d'infection ni d'inflammation. Un brevet est déposé en 2020.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Maëva Gardet-Pizzo