A Sophia Antipolis, le Bioparc se pose en vitrine de l’innovation en santé
Gaëlle Cloarec
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Après Marseille, le 29 mars, c'est à Sophia Antipolis que le docteur Lise Alter fait halte ce jeudi 30 mars. Directrice générale de l'Agence de l'Innovation en Santé (AIS), créée en octobre 2022, elle sillonne l'Hexagone pour présenter aux entreprises et institutionnels concernés le volet santé du plan France 2030. Baptisé Innovation Santé 2030, il est doté d'un budget de 7,5 milliards d'euros et vise à redonner au pays de Pasteur ses lettres de noblesse en matière de produits de santé innovants. Un travail de prospective, donc, pour caractériser les besoins à venir, mais aussi d'accompagnement des projets considérés comme stratégiques. D'où ce tour de France, où la technopole présentée comme n°1 en Europe, pourtant bien plus identifiée tech que biotech, prend désormais toute sa place.
Il faut dire que depuis 2018 et l'ouverture du Bioparc, le périmètre sophipolitain - et plus largement azuréen - s'invite de plus en plus dans le paysage pharmaceutique international. L'événement déclenchant : un accident industriel. Celui du géant de la dermatologie Galderma, propriété de Nestlé Skin Health, dont le départ en 2017 met 550 personnes sur le carreau et autant de compétences disponibles, dont certaines, notamment en chimie et en analytique, sont très recherchées. La catastrophe redoutée se transforme alors en opportunité. La Communauté d'agglomération de Sophia Antipolis (CASA) planche sur un projet de parc d'activités tourné vers les biotechs, racheté par l'opérateur privé Euryale Asset Management, via la SCPI Pierval Santé.
Bonne pioche. Le site de 18.000 m² et ses laboratoires, situés à proximité de l'aéroport international Nice Côte d'Azur, attirent. L'allemand Nuvisan se positionne et reprend 83 personnes, la plupart issue du service CMC (Chemistry Manufacturing Control), pour renforcer ses capacités en bioanalyse et ses services de formulation de produits finis. Une activité complémentaire à l'activité historique du groupe familial qui voit-là l'occasion de diversifier et d'élargir son marché. L'américain Syneos, spécialiste des essais cliniques, reprend quant à lui une centaine de personnes et trouve là aussi un moyen de se renforcer en France. Le foncier libéré agit comme un aimant, tant pour les sociétés exogènes, que pour les structures endogènes. Parmi elles, la pépite InnoSkel, spécialiste des thérapies géniques pour les maladies rares du squelette, qui a réussi à lever 20 millions d'euros en 2020, quelques semaines seulement après sa création, auprès de Jeito Capital, Vida Ventures et Turenne Groupe. Sa dirigeante, Elvire Gouze, avait auparavant créé une première société, TherAchon, acquise mi-2019 par Pfizer pour 810 millions de dollars.
Gaëlle Cloarec