«Les entreprises innovantes en santé doivent avoir un accès réglementé au marché plus souple » (Emilie Royère, Eurobiomed)

Laurence Bottero
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142 projets d'entreprises enregistrés, 31 projets financés et 26 en cours d'instruction pour un budget avoisinant 90 millions d'euros, alors qu'en même temps 135 millions d'euros ont été levés via différents tours de table... Si 2022 s'est clôturée sur des données chiffrées significatives, cette année constituait aussi la dernière année de la phase IV des pôles. Et depuis fin mars, revoici Eurobiomed, né en 2009, reparti pour un cinquième tour et une nouvelle phase de trois ans, avec une feuille de route affinée, ciblée, recentrée et pas moins revendicatrice de ce qu'il faut pour que tout aille le mieux possible en matière d'innovation en santé.
Trois ans près le début d'une pandémie mondiale qui a précisément mis ce sujet sur la table et aidé - d'une certaine façon - à le vulgariser auprès du plus grand nombre, la disruption dans le domaine de la santé est, à l'instar de la réindustrialisation ou d'énergie, une thématique stratégique pour la France.
Si d'autres secteurs, cités ci-dessus ont déjà bénéficié de plan de relance dédiés, en matière de santé c'est France 2030 qui cristallise les attentions et les attentes. La présence le 30 mars dernier à Sophia-Antipolis de Lise Adler, la directrice de l'Agence de l'Innovation en santé qui pilote le volet santé de ce plan d'investissement d'avenir gouvernemental, démontre la place que le grand Sud - Provence Alpes Côte d'Azur et Occitanie - prend dans ces sujets stratégiques. Bien sûr, globalement, tout est positif. Cependant les enjeux n'en sont pas moins concrets. « Nous attendons de France 2030 qu'il permette des avancées significatives sur l'innovation », pointe Emilie Royère, la directrice générale du pôle Eurobiomed. « Nous avons besoin d'un impact sur l'investissement mais aussi sur le normatif et le réglementaire ».
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Car tout est dans tout. Innover c'est bien, c'est indispensable, stratégique... mais freiner la mise en application, l'accès au(x) marché(s), le déploiement, c'est autant de verrous qui font perdre de l'avance, des places, découragent... Ces verrous, il est indispensable de les lever, insiste Emilie Royère. « Nous devons opérer un changement culturel sur l'innovation, nous devons avoir un accès réglementé plus souple », et en finir avec un principe de précaution qui a engendré une prudence un peu trop exagérée.
Laurence Bottero