« L'écologie n'est pas un consensus ». On pourrait en dire tout autant de l'économie circulaire. Comme le suggère le titre du livre de François Gemenne, auteur du Giec, les débats actuels voient s'affronter différentes façons de mener les transitions sociétales. Et l'économie circulaire n'y échappe pas. Ce secteur promoteur du réemploi des objets et de la circularité de leurs composants paraît indispensable pour réguler nos modèles mais est traversé par de vifs déchirements.
D'un côté, les partisans du recyclage, avec tous les procédés qui consistent à trier et valoriser les déchets pour leur donner une seconde vie. De l'autre, les défenseurs des matières biosourcées qui s'évertuent à bannir de leurs productions les composants fossiles, surtout le plastique à base de pétrole. Le premier tient compte de la règle des 3 R : réduire, réutiliser, recycler. Le second lui en ajoute deux : refuser et rendre à la terre. Plus de trois ans après la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) et suite à des divergences historiques, c'est la filière recyclage qui a remporté une bataille majeure.
La loi va imposer d'ici 2040 la fin du plastique jetable en France. En attendant, le pastique à usage unique devra intégralement être recyclé à partir de 2025. Ainsi, les missions des éco-organismes de la filière vont voir leurs missions renforcées. Une victoire issue de longues années de lobbyisme qui ont vu s'affirmer des acteurs tels que Veolia, Paprec ou Citeo, au fur et à mesure que la loi a fait du recyclage la norme en matière de gestion des déchets. Or, la filière n'a jamais appelé jusqu'ici à la réduction de la production d'emballages. Entre 1992, année où la loi a imposé aux collectivités locales le recyclage des déchets, et 2019, la quantité de déchets ménagers annuelle est passée de 360 à 580 kilos par habitant selon l'Ademe. Aujourd'hui, sous l'impulsion de la loi Agec, le discours a un peu dévié.