Avec ses bornes anti-moustiques, Qista poursuit son développement à l'international
Maëva Gardet-Pizzo
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Dengue, paludisme, fièvre jaune, chikungunya, zyka... Chaque année, les moustiques sont à l'origine d'environ 800.000 décès à travers le monde. Un chiffre que risque de gonfler la prolifération de moustiques porteurs de maladies dans des zones jusque là peu concernées, sous l'effet du réchauffement climatique. Celui-ci étalant l'aire géographique et la durée au cours de laquelle les moustiques sont en activité, tout en accélérant le cycle de vie de l'insecte et la multiplication des virus présents dans son organisme.
Pour y faire face, la plupart des territoires font le choix d'épandre des substances chimiques (larvicides et i
nsecticide
s).
Des substances généralement efficaces, mais
non sans conséquences sur la santé
humaine. Une riche littérature scientifique met ainsi en lumière un risque accru de cancers, de problèmes respiratoires ou encore de troubles comportementaux chez l'enfant. La biodiversité est aussi affectée, les produits ayant des effets néfastes sur des espèces non ciblées. Par ailleurs, ces produits peuvent engendrer une forme de résistance chez les moustiques, compliquant plus encore la lutte contre les maladies qu'ils véhiculent.À
l'inverse, des solutions naturelles et mécaniques existent. Meilleure gestion des déchets végétaux, protection des eaux stagnantes par des moustiquaires... C'est dans cette lignée que se positionne Qista avec sa borne capable de piéger les moustiques. Concrètement, il s'agit d'abord d'attirer les insectes en dispersant du dioxyde de carbone recyclé afin d'imiter la respiration humaine de même qu'un leurre olfactif qui stimule l'odeur corporelle humaine. De quoi appâter le moustique qui, lorsqu'il s'approche de la borne, est capturé par aspiration. La technologie fonctionne dans un rayon de 60 mètres et permet de réduire de 88 % les nuisances.
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Mais les crises de ces dernières années ont obligé la startup à revoir quelque peu sa technologie, comme l'explique Pierre Bellagambi, son
PDG. «
La guerre en Ukraine a perturbé notre approvisionnement en CO2, qui est en fait un déchet valorisé au moment de la production de potasse utilisée dans l'agriculture. Comme l'activité agricole a chuté, la fabrication de potasse et donc de CO2 a chuté aussi, tandis que la demande a augmenté. Nous avons donc travaillé pour réduire notre consommation de CO2. En 2023, nous l'avons divisée par deux par rapport à 2022. Et en 2024, nous aimerions la diviser par quatre
».
Maëva Gardet-Pizzo