Et si le climat était finalement sauvé par des microalgues ?
Emmanuel Langlois
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Marie Baritaud
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On les compare à des copeaux ou à de la sciure marine, voire de la neige. Autant dire qu'avec les diazothropes, on est dans l'infiniment petit ! Les scientifiques savent depuis longtemps que ces microalgues capturent une importante partie du CO₂ rejetée dans l'atmosphère et responsable du réchauffement climatique. « C'est démontré dans les océans tempérés et polaires, mais dans les zones tropicales, comme la Nouvelle-Calédonie, on pensait que le processus était totalement inefficace, témoigne Sophie Bonnet, du fait de la chaleur qui fait que l'océan est pauvre en éléments nutritifs comme le plancton. Ce n'est pas pour rien qu'on appelle ces zones des déserts océaniques ».
Or, la Française et son équipe ont découvert que ces micro-organismes coulaient au fond de l'océan et ne restaient pas en surface après leur mort comme on le pensait, emportant avec eux au fond de l'océan des quantités de carbone capturé par la photosynthèse. C'est d'ailleurs tout l'objet de ses recherches et du projet « Hope » (espoir) qu'elle a monté. « On sait désormais que l'océan tropical piège davantage de carbone qu'on ne l'imaginait, déclare-t-elle, maintenant, on ne comprend rien au fonctionnement de cette pompe » !
Née à Bazas, dans le sud de la Gironde, Sophie Bonnet se passionne pour les océans depuis qu'elle est enfant. Après des études de biologie et de chimie à Bordeaux, elle se spécialise dans l'océanographie et décroche un Master puis un doctorat à l'Université de la Sorbonne à Paris. Elle est aujourd'hui employée par l'IRD, l'Institut de recherche et de développement. Ces expérimentations en Nouvelle-Calédonie vont durer au total cinq ans.
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Les yeux et les oreilles des scientifiques, c'est une impressionnante bouée géante jaune immergée au large de Nouméa et bardée de lignes, de capteurs et de collecteurs ancrés entre la surface et 100 mètres de profondeur dans le Pacifique. Depuis quelques jours, tous les instruments sont désormais en service. Le projet a coûté 2,5 millions d'euros. « Ces données vont nous donner une idée précise du comportement de ces microalgues, explique Sophie Bonnet, sous quelles conditions de température, de salinité, de vent ou de courants marins, et finalement quelle quantité de carbone est piégée ».
Emmanuel Langlois
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