Avec l’IA, Pulse Audition rend les lunettes auditives
Gaëlle Cloarec
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Ce sont des lunettes d'apparence ordinaires, mais qui, pourtant ne le sont pas. Derrière une monture de facture classique, se concentre un condensé de technologies qui vise à améliorer le quotidien des malentendants. A savoir, « cinq microphones qui sourcent l'environnement sonore, de la puissance de calcul embarqué, des algorithmes d'intelligence artificielle de traitement du signal en temps réel, deux haut-parleurs ou encore des capteurs de mouvement pour détecter l'attention auditive et s'adapter au comportement de l'utilisateur », énumère Manuel Pariente, co-fondateur avec Thibaud Moufle-Milot de la medtech Pulse Audition. Une liste de fonctionnalités miniaturisées aussi longue que les sujets de recherche de ce jeune entrepreneur de 31 ans, issu du Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (LORIA) de l'INRIA de Nancy. Lequel vient d'intégrer le classement Choiseul Sud des 100 femmes et hommes qui font rayonner la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Il faut dire que la jeune pousse, fondée en 2022 à Sophia Antipolis, dans les Alpes-Maritimes, s'intéresse à un sujet délicat, l'apparition des premiers troubles auditifs, aux alentours de 40 a, 45 ans, et leur traitement. « On sait qu'un adulte sur quatre dans le monde devrait porter des prothèses auditives mais seuls 25% d'entre eux le font. La plupart préfère attendre d'atteindre les 60, 70 ans avant d'entamer la démarche, quitte à dégrader un peu plus leur audition et à s'isoler toujours plus socialement », relève l'entrepreneur. En cause, l'aspect stigmatisant des prothèses auditives, que l'objet mode que sont les lunettes vient gommer, rendant de ce fait l'acceptation du primo-appareillage plus facile. « L'enjeu, reprend-il, est en effet d'appareiller les malentendants le plus tôt possible et ainsi de les réintégrer dans les environnements sociaux dont ils s'étaient exclus du fait de leur handicap. »
Gaëlle Cloarec