Les vins de Provence anticipent la taxe Trump
Colombe Laferté
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Les vignerons du Sud prévoient de s'adapter à la possible taxe Trump sur les vins et spiritueux français
©Clémence Louise Biau - CIVP
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Les vignerons du Sud prévoient de s'adapter à la possible taxe Trump sur les vins et spiritueux français
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La taxe douanière de 10%, voire 20%, épée de Damoclès posée par Donald Trump sur les vins et spiritueux français, interroge aussi en Provence. Le territoire, connu pour son rosé notamment, a déjà affronté la situation en 2019, lorsque celui qui a été réélu président des Etats-Unis cette mi-novembre, avait instauré des droits de douane à hauteur de 25% sur les vins non effervescents, de moins de 14 degrés et dans des contenants inférieurs à deux litres, droits finalement suspendus. « Nous nous sommes adaptés » rappelle Brice Eymard, directeur général du conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP). « Contrairement à 2019, pas de panique à bord », assure Patrick Pouvatchy, responsable Export Monde pour le Château Sainte Roseline implanté dans le Var, « nous allons réagir de la même façon ». Pour les spiritueux, en revanche, la taxe est nouvelle.
L'enjeu n'est évidemment pas neutre puisque le client américain est le principal consommateur de vin français, représentant 14,4 % des ventes, alors que les Etats-Unis constituent le premier marché pour les vins et spiritueux français. Pour les entreprises installées en Provence Alpes Côte d'Azur, les Etats-Unis sont même souvent le premier marché à l'export. Il représente 1,25 million d'euros sur les 10,6 millions de chiffre d'affaires des Distilleries et Domaines de Provence, 15% du chiffre d'affaires du domaine de la Fouquette, un « montant indéniable », souligne le vigneron indépendant ; et plus globalement, 143 millions d'euros avec la vente de plus de 20 millions de bouteilles par les 300 membres exportateurs du CIVP
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« Nous allons faire le dos rond », positive Jean-Pierre Daziano, espérant une mesure qui ne serait pas instaurée avant le mois de mars prochain, alors que Donald Trump récupère les clés de la Maison Blanche le 20 janvier. D'ici-là, le compte à rebours est lancé. « Les rosés sont envoyés dès le premier trimestre afin qu'ils atteignent les Etats-Unis avant l'été » explique Brice Eymard. Un calendrier qui pourrait ne pas entacher les ventes de 2025 et qui nourrit « l'espoir que les exportations arrivent à temps avant la mise en place des potentielles taxes » sur lequel compte le vigneron Jean-Pierre Daziano, habitué des exportations aux Etats-Unis depuis 2008. Cependant, cette course contre la montre va devoir affronter le possible « embouteillages dans les ports », s'inquiète Patrick Pouvatchy, une appréhension à laquelle s'ajoute « la menace de grève des dockers américain en janvier ».
Colombe Laferté