Un milliard pour l'Afrique

La Commission européenne va proposer de prélever près d'un milliard d'euros non utilisés de la politique agricole commune (PAC) pour aider les pays pauvres à faire face à la crise alimentaire et accroître leur production agricole. Les commissaires à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, et au Développement, Louis Michel, présenteront mardi prochain un projet dans ce sens. Réputé pour ses formules chocs, Louis Michel avait tiré il y a trois mois la sonnette d'alarme, en prévenant d'un risque de " tsunami économique et humanitaire ".Il se félicite à présent, dans un entretien à La Tribune, de la réaction " plutôt intelligente, ce coup-ci ", de la communauté internationale face à la très forte augmentation des prix de l'alimentation. " Tout le monde est conscient qu'il ne suffit plus de juste ouvrir le porte-monnaie, jusqu'à présent par soi-disant générosité mais en fait surtout pour la publicité ", ironise le commissaire. L'aide d'urgence ne suffit pas, il faut travailler sur le moyen et le long terme : l'eau, les infrastructures et la diversification agricole. L'avenir de l'agriculture mondiale pose de nombreuses questions sans solution universelle. La politique de l'autosuffisance, par exemple, est une fausse bonne idée pour Louis Michel. " C'est très dangereux de dire : quand un pays est autosuffisant, alors il n'y a plus de problème. Parce que le jour où ce pays-là est confronté à un cataclysme climatique qui détruit la production, on fait quoi ? "Bruxelles plaide donc pour une approche régionale et non nationale de l'organisation agricole. Certains pays africains et même européens (les anti-PAC) accusent les aides américaines et européennes aux agriculteurs de contribuer à la flambée des prix de l'alimentation. La Commission répond que la révision de la PAC rend cet argument caduc. Mais pour Louis Michel, il s'agit avant tout de " ne pas susciter d'antagonisme entre agriculteurs du Nord et du Sud ".L'environnement, avec la quantité, est l'autre grand défi de la production agricole d'ici à 2050. L'agriculture est l'une des principales sources de gaz à effet de serre. " Quand je vois le formidable potentiel énergétique solaire ou éolien qui existe en Afrique, un potentiel si peu exploité, note Louis Michel, c'est vraiment une piste qu'il faut renforcer. " Mais produire " écologique " coûte cher. Justement, l'aide d'un milliard d'euros envisagée par la Commission pour les pays pauvres pourrait, entres autres, servir aussi à développer des productions " vertes ".

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