Les tarifs des appels mobiles à l'international devront encore baisser

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Chantage à l'emploi et lobbying intense n'ont pas suffi. Après des années de grogne, les opérateurs ont fini par céder à la détermination de Viviane Reding, le commissaire européen à la Société de l'information : les tarifs des appels internationaux (« roaming ») vont encore baisser.Faisant suite aux baisses promulguées par l'« eurotarif », en 2007, les institutions européennes se sont entendues, fin mars, pour imposer de nouvelles diminutions. La première étape de cet accord s'applique à partir d'aujourd'hui. Dans tous les pays de l'Union européenne, les appels émis depuis l'étranger sont désormais facturés au maximum 0,51 euro la minute, contre 0,23 euro pour les appels reçus hors de son pays d'origine. À noter que la tarification se fera à la seconde en cas de réception et après un palier initial de 30 secondes en cas d'appel. Enfin, envoyer un texto à l'étranger ne pourra pas coûter plus de 13 centimes, soit une baisse moyenne de 70 %.Viviane Reding avait fait du « roaming » une affaire personnelle depuis sa nomination à l'automne 2004. Pour la Luxembourgeoise, « envoyer un texto ou surfer sur le Net depuis son mobile ne devrait pas être substantiellement plus cher à l'étranger que depuis son domicile. C'est la logique du marché unique, choisie par l'Europe il y a cinquante ans », expliquait-elle au printemps. Grâce à sa pugnacité ? et au soutien des gouvernements nationaux ?, le prix des communications continentales baisse peu à peu. Ils ont déjà reculé d'environ la moitié en trois ans, malgré l'opposition des géants du mobile dont les marges sur les appels internationaux sont encore confortables.Selon le régulateur des télécoms français (Arcep), les abonnés étrangers qui appellent depuis la France ont rapporté en 2008 1,5 milliard d'euros aux opérateurs hexagonaux. Les Français, eux, ont téléphoné à l'étranger pour 1 milliard d'euros, un chiffre en baisse de 1,1 % par rapport à 2007, alors que le trafic a augmenté de 12 % l'an dernier. Vodafone a renoncé récemment à surfacturer ses abonnés britanniques pour les appels passés depuis l'étranger cet été. Orange, SFR et Bouygues n'ont pas totalement suivi cet exemple, se limitant, pour les deux premiers, à quelques forfaits spécifiques et payants.En plus du prix des appels et des SMS, l'Internet mobile est concerné par la décision de Bruxelles. Jusqu'à hier, surfer sur le Web depuis l'étranger pouvait faire exploser les factures des consommateurs. Cela restera cher, mais la Commission a tenu à fixer des limites, en déterminant un prix de gros maximal pour un mégaoctet de données échangées (1 euro hors taxe), divisant ainsi la moyenne européenne par deux. Un megaoctet revient à consulter environ 200 mails, l'équivalent d'une heure de surf sans photo ni musique.un marché très lucratifEn 2007, l'Internet mobile pesait 8,6 % du marché du roaming (560 millions d'euros). Depuis, son importance a considérablement augmenté. La Commission juge ce marché très lucratif et estime qu'il dépassera celui des SMS d'ici un an ou deux. Selon le régulateur télécoms danois, le « data roaming » possède un coût réel de 0,45 euro par mega, bien inférieur aux prix de vente appliqué au consommateur. En effet, le plafonnement des prix ne concerne que les tarifs appliqués entre les opérateurs qui demeurent libres ensuite de facturer le client comme bon leur semble.Bruxelles a donc demandé aux opérateurs de prévenir leurs abonnés dès qu'une facture dépasse 50 euros en roaming. Cela pour éviter au client une mauvaise surprise : un Allemand, qui avait téléchargé un programme de télévision depuis son téléphone mobile alors qu'il était en vacances en France, a ainsi reçu une facture de 48.000 euros. n

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