Une restructuration de RBS et Lloyds exigée par Bruxelles

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queLes banques britanniques nationalisées sont sous la pression de Bruxelles. Neelie Kroes, la commissaire européenne en charge de la concurrence, a averti hier que Royal Bank of Scotland et Lloyds Banking Group, possédées respectivement à 70 % et 43 % par l'État, vont être obligées de céder une partie de leurs actifs. Dans un discours à la conférence annuelle de la British Bankers' Association, elle a souligné que l'aide de Downing Street risquait de distordre la concurrence. « Les aides massives reçues par des banques comme RBS et Lloyds leur permettent de rester leaders sur des marchés très concentrés. Pour Lloyds, le problème est leur part de marché dans la banque de détail, tandis que pour RBS il s'agit d'une domination du marché des entreprises britanniques. Il est très probable qu'elles aient besoin de mener des désinvestissements significatifs. »Le problème de la domination des deux principales banques nationalisées s'est accentué quand Downing Street a commencé à les utiliser comme un outil de relance de l'économie. En échange de la garantie des actifs toxiques par l'État, le gouvernement de Gordon Brown a forcé RBS et Lloyds Banking Group à augmenter leurs prêts en Grande-Bretagne. La concurrence s'inquiète, à commencer par Antorio Horta-Osorio, qui dirige Abbey, la branche britannique de Santander : « Il y a un risque que des décisions non commerciales soient prises. Pour l'instant, cela ne s'est pas concrétisé. Mais cela risque d'affaiblir l'ensemble du secteur bancaire. »principes posésNeelie Kroes se garde cependant de préciser quels sont ses attentes en matière de cessions d'actifs par les banques nationalisées, précisant que les négociations avec Downing Street sont en cours. Elle se dit également « pragmatique » quant à la vitesse à laquelle ces actifs peuvent être vendus. Elle pose cependant des principes. « Il faut que les banques retrouvent un modèle économique viable. L'expansion n'est pas une solution. »RBS réplique qu'elle a lancé depuis plusieurs mois un grand plan de restructuration, qui vise à céder 20 % des actifs de la banque. Ses branches asiatiques sont actuellement à vendre. Lloyds a également indiqué être prête à vendre des actifs non stratégiques. Mais cela risque de ne pas répondre au problème de la concurrence : l'institution a par exemple 30 % des prêts immobiliers du pays. La Commission pourrait obliger à s'y attaquer. Après avoir exigé de Commerzbank et WestLB en Allemagne qu'elles se séparent de la moitié de leurs activités, Neelie Kroes prévient : « Nous tournons maintenant notre attention sur le Royaume-Uni. »Éric Albert, à Londres

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