La dette publique a explosé au premier trimestre

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Il n'est pas nécessaire de lancer un grand emprunt pour augmenter la dette publique? Alors que se poursuit aujourd'hui à l'Élysée, avec les partenaires sociaux, le débat sur l'emprunt annoncé à Versailles par Nicolas Sarkozy ? dont François Fillon a déclaré hier qu'il ne pourrait en aucun cas être obligatoire ?, l'Insee a diffusé hier des statistiques montrant une véritable explosion de l'endettement des administrations au premier trimestre. Durant les trois premiers mois de l'année, la dette au sens de Maastricht a augmenté de 86,5 milliards d'euros, près de 1 milliard par jour, du jamais-vu. En pourcentage du PIB, la progression atteint 4,8 points. Du coup, la dette publique représente déjà 72,9 % du PIB. À ce rythme, les 88 % du PIB prévus pour 2012 risquent d'être atteints bien avant cette date.pertes de recettesCette augmentation exceptionnelle tient notamment à la récession et à la relance budgétaire, souligne le gouvernement. Sous l'effet de pertes de recettes exceptionnelles, le déficit budgétaire atteindra entre 125 et 130 milliards d'euros cette année, a annoncé, hier, Éric Woerth à l'Assemblée nationale, au lieu des 56,3 milliards prévus. Et surtout, l'envolée de l'endettement en début d'année s'explique, pour une grande part, par le plan de financement des banques. Sur les 86,5 milliards d'euros de dette supplémentaire, 33,7 milliards proviennent de la Société de financement de l'économie française (Sfef), chargée d'assurer, depuis l'automne, le financement des établissements financiers. Si l'on considère le seul État, le rythme d'endettement s'accélère (+ 44,5 milliards sur un seul trimestre), mais pas de manière extraordinaire (+ 40 milliards au cours du dernier trimestre de 2008).dette bruteLe gouvernement a beau jeu de souligner que, si l'on prend en compte la dette nette, c'est-à-dire après déduction des actifs supplémentaires que possèdent les administrations (notamment les créances sur les banques), l'endettement public n'augmente « que » de 37,2 milliards au premier trimestre. Mais le traité de Maastricht considère seulement la dette brute, avant cette déduction. Ses rédacteurs ont voulu mettre l'accent sur les conséquences du recours à l'emprunt ? des charges d'intérêt croissantes ? même si des actifs existent en contrepartie.S'agissant de la Sfef, Bercy peut mettre en avant la rémunération importante des prêts accordés aux établissements financiers, même si la Cour des comptes se montre plus critique à cet égard (lire page 18). Autrement dit, cette dette supplémentaire ne mine pas les comptes des administrations, au contraire. Le débat continue avec Bruxelles sur la qualification des emprunts contractés par la Sfef, que Bercy voudrait sortir du périmètre de la dette publique. n

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