« Il ne faut pas oublier le climat »

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PortraitLa vie est ce qui vous arrive quand vous êtes occupés à former d'autres projets. » La ministre suédoise des Affaires européennes aime laisser à John Lennon la tâche d'introduire la présidence suédoise qui s'ouvre aujourd'hui. Cecilia Malmström (41 ans) en sera l'une des personnes les plus en vue. Élue au Parlement européen à 31 ans, entrée au gouvernement à moins de 40, elle ne donne pas précisément l'impression de laisser filer sa vie au fil de l'eau comme un bouchon. Néanmoins, elle respire cette modestie et ce pragmatisme scandinaves qui sidèrent le reste du continent. « Les choses se passent rarement comme on avait prévu, remarque-t-elle. Demandez aux Français et aux Tchèques?! »Ancienne élève du lycée international de Saint-Germain, politologue, spécialistes des partis régionalistes, celle que ses collaborateurs appellent simplement « Cecilia » s'exprime dans un français parfait. Ce qui ne préjuge pas d'une parfaite identité de vue avec Paris. Au Parlement, elle a été un ardent défenseur du transfert du siège de Strasbourg vers Bruxelles. « C'est une question de respect de l'institution », dit-elle, citant les mémoires de Simone Veil où l'ancienne présidente du Parlement pointe le discrédit causé par ces navettes incessantes. « ressources humaines  » La crise sera l'arrière-plan sur lequel s'écrira la présidence suédoise. « Nous aurons des niveaux de chômage très élevés à la rentrée, il faut que l'Europe soit présente », dit-elle. Et d'ajouter aussitôt?: « La crise est là, elle est très grave, mais on en sortira. » La « stratégie de sortie » passe par une « nouvelle stratégie de Lisbonne », plus que jamais centrée sur les « ressources humaines » mais également sur les « infrastructures ». Pas question de choisir entre la lutte contre le changement climatique et la gestion de la crise. « Il faut faire les deux en même temps », dit-elle. À la conférence internationale de Copenhague en décembre, « notre ambition est d'obtenir un accord ou une partie d'un accord global qui soit l'essence d'un nouveau protocole de Kyoto », dit-elle. Mais, cette fois-ci, avec tout le monde, y compris les Américains, les Chinois et les Indiens. Le moment n'est toutefois pas venu de dévoiler la stratégie européenne. « Il n'est pas question que nous payons seuls la facture. Nous devons garder des cartes dans notre jeu. »Elle ne se fait aucune illusion sur les effets des politiques actuelles de relance et de soutien au secteur financier sur le marché intérieur. « Nous avons fait quelques détours temporaires par rapport aux principes du marché, mais il faudra y revenir », dit-elle. Celle qui se dit ouvertement « communautariste et fédéraliste » considère qu'il n'y a pas à choisir entre l'Europe politique d'un côté, et le grand marché de l'autre, entre l'élargissement et l'approfondissement de l'unité européenne. Elle aspire cependant à une Europe plus concentrée sur des missions essentielles, comme les actions extérieures, quand actuellement « elle se mêle un peu de tout ». Elle salue en revanche la création d'un « service extérieur » commun, qui n'est rien d'autre que le socle d'une diplomatie européenne. Penser à une politique extérieure commune dans une union élargie à la Turquie à un horizon de vingt ou trente ans ne la trouble pas.Pas plus que les risques qui pèsent sur la ratification du traité de Lisbonne par les Irlandais. « J'ai vécu des référendums dans mon pays. Il est très difficile d'en prévoir le résultat, car d'autres sujets peuvent interférer dans la campagne », dit-elle. n(Lire aussi page 10)

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