La chute de l'aluminium menace des fonderies
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Réduire la voilure. Telle est l'obsession des groupes miniers, qui ne cessent de remettre en cause leurs rythmes d'extraction. Hier, le groupe brésilien Vale a annoncé un ralentissement particulièrement important de son activité. « Le ralentissement de la production industrielle pénalise la demande de métaux de base, comme le nickel et l'aluminium, qui voient leurs cours baisser et leurs stocks grimper », a déclaré le géant brésilien dans un communiqué.Vale projette de réduire sa production de minerai de fer, de manganèse, de nickel et de kaolin. Et, surtout, d'aluminium, dont les stocks représentent 1,5 million de tonnes au London Metal Exchange. Le groupe brésilien a décidé de fermer purement et simplement une de ses fonderies d'aluminium, une installation qui transforme l'alumine grâce à l'électrolyse. Il s'agit d'un site dans l'État de Rio de Janeiro, au Brésil. « Valesul présente une structure de coûts élevée, principalement en raison du prix de l'électricité, un intrant important dans la composition du métal », précise le groupe minier. L'énergie représente typiquement un tiers du coût de production de l'aluminium, mais parfois jusqu'à la moitié lorsque les conditions de production électrique sont difficiles.Arrêts fatals Et alors que les cours de l'aluminium ont chuté de 40 % depuis leur plus-haut, à 2.045 dollars la tonne hier sur le London Metal Exchange, les coûts de fabrication restent stables puisque les prix de l'électricité restent à des niveaux historiquement élevés. Une bonne partie de l'industrie fonctionne désormais à perte. « La moitié de l'industrie est déficitaire, les fonderies les plus obsolètes vont donc s'arrêter. Mais les décisions prennent du temps car elles sont souvent irrémédiables », explique l'équipe matières premières de Natixis. L'industrie de l'aluminium tente d'ordinaire de faire tourner ses capacités de production en permanence, car les interruptions de production exposent les installations à des dégradations majeures. La crise place donc l'industrie face à un dilemme, puisque la réduction de la production entraîne des réductions de capacités définitives. La Chine souhaiterait ainsi limiter la casse en fermant certaines fonderies, mais, selon Barclays Capital, « les provinces ne sont pas favorables à des fermetures, qui pèseraient sur la croissance économique locale ». Le pays devrait donc continuer d'inonder le marché même à perte, ce qui risque de continuer de plomber les cours. Aline Robert
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