Banques islamiques cherchent partenaires

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C'est le mois du Ramadan, mais en dépit de cette trêve, l'offensive pour promouvoir le développement de la finance islamique en France ne faiblit pas. Certaines avancées pourraient d'ailleurs transparaître dans le projet de lancement des banques islamiques. Et ce, grâce au concours de banques françaises. Selon Jean-Paul Laramée, secrétaire général adjoint de l'Institut français de finance Islamique, les principales banques de réseau de l'Hexagone seraient « sur le point d'apporter leur garantie aux banques candidates ? au rang desquelles figurent Qatar Islamic Bank ? pour opérer en France en s'associant à elles à hauteur de 20 % de leur capital ». Selon cet expert, ce parrainage, s'il est mené à bien, pourrait permettre de lever les obstacles, notamment techniques, qui pèsent sur ces établissements en vue d'être agréés par la Banque de France. « Dans cette configuration, les banques pourraient obtenir leur agrément d'ici à la fin de l'année, poursuit-il. Dans un premier temps, elles devraient se concentrer sur des produits islamiques dédiés aux institutionnels avant de lancer d'ici à deux à trois ans environ une offre pour les particuliers ». Ces partenariats, s'ils venaient à être confirmés, pourraient répondre aux demandes de garantie exigées par la Commission bancaire. Car ces banques islamiques, qui ne présentent ni les mêmes ratios prudentiels que les établissements conventionnels, ni les mêmes systèmes de « back-office » ? ce qui pose des questions en matière de sécurité ? se heurtent également à un autre problème essentiel, celui de la liquidité. « Ces banques ne peuvent recourir au marché interbancaire classique en raison de la prohibition de l'usure, estime Gilles Saint Marc avocat à la Cour. Elles doivent, en outre, pouvoir accéder au refinancement auprès de la BCE, en tant que prêteur en dernier ressort, ce qui pose la question du collatéral qu'elles peuvent remettre en garantie de leurs opérations de pensions. »Plus que l'ouverture de guichets ? en France, les pronostics laissent en général penser que le montant des dépôts par des clients musulmans pourrait évoluer entre 5 et 7 milliards d'euros ? c'est la volonté de ne pas se laisser distancer par la concurrence, notamment les banques britanniques, qui devrait inciter les banques françaises à s'engager dans ce dossier. Même si, à plus longue échéance, le chemin pour imposer ce marché risque d'être encore long? « Il y a beaucoup de boulot, concède un spécialiste, tant d'un point de vue du marketing, car il va falloir repositionner les produits et faire en sorte que leur image converge avec celle de l'investissement responsable, explique-t-il, que de celui de formation. » Sur ce dernier point, des nouveautés sont cependant dans les cartons pour cette rentrée. L'Institut français prévoit de lancer une campagne de formation dès octobre pour les professionnels de la finance. De son côté, l'université de Paris-Dauphine va ouvrir un nouveau cursus, en novembre, un mastère 2 dédié à l'économie « charia-compatible ». Et ce, un an après celui qui avait été lancé par l'École de management de Strasbourg.

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