« Un succès de la diplomatie britannique »
La Tribune
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valéry giscard d'estaing En 1975 à Rambouillet, vous aviez initié, avec le G7, ces grands sommets internationaux. Quel regard portez-vous sur le G20 de Londres ?Ce n'est pas le G7 qui est devenu le G20. Le G7 existe toujours (élargi au G8) mais on a créé une autre structure qui lui ressemble, le G20. Celle-ci a l'avantage de rassembler plus de monde, d'associer davantage de pays à la réflexion et à la décision. Il présente un inconvénient : la discussion est plus difficile à 20 qu'à 7. Ces sommets sont désormais préparés par les spécialistes et les diplomates au lieu de favoriser des conversations directes entre les participants.Comment en appréciez-vous les résultats ?Le communiqué est de très bonne qualité. On y reconnaît la plume de la diplomatie britannique à laquelle il fait honneur. Il fixe de bonnes directions. Les demandes initiales de Barack Obama en faveur d'un plan de relance européen, symétrique à celui des États-Unis, n'ont pas été retenues et c'est heureux. À l'inverse, les demandes européennes, franco-allemandes en réalité, en faveur de nouvelles règles pour les institutions financières, ont été prises en compte. Ce sommet, c'est une victoire des Européens sur les Américains ?Il ne faut pas raisonner ainsi mais chercher à savoir ce qui est utile et ce qui l'est moins. L'essentiel aujourd'hui, c'est que le texte final est meilleur que celui envisagé à l'origine. On commence enfin à s'occuper de la sortie de crise et c'est une bonne chose.L'accord conclu est-il de nature à rétablir la confiance ?Il ne peut suffire. Ce qui rétablira la confiance, c'est lorsque les opérateurs auront le sentiment que les autorités mettent en ?uvre les mesures concrètes annoncées. Les chiffres grandioses annoncés (1.100 milliards de dollars), ce ne sont pas des sommes destinées à soutenir la consommation, à relancer l'activité générale, ce sont des fonds qui iront au FMI pour aider les pays qui ont des difficultés soit de balance des paiements soit de refinancement de leur dette. À l'occasion de ce sommet, on a assisté à une renaissance du couple franco-allemand ?C'est tout à fait heureux et salutaire. On redécouvre qu'au centre du dispositif européen, il y a un maillon central, l'entente franco-allemande. Quand Paris et Berlin parlent ensemble au nom de l'Europe, leur parole a du poids. Il faut maintenant, au niveau de la zone euro, que les autorités s'attaquent à l'assainissement du système bancaire pour que celui-ci puisse jouer son rôle, financer l'économie réelle.Trois Français participaient à ce sommet (Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy). La France apporte-t-elle une contribution particulière à ces réunions ?Un seul s'exprimait au nom de la France, c'était le président de la République. Sinon, c'est vrai, la France a toujours été très active dans les grandes organisations financières internationales, elle y a une expertise reconnue de tous qui lui permet de jouer un rôle et de s'exprimer utilement.Vous avez reçu Nicolas Sarkozy quelques jours avant le sommet. Quel jugement portez-vous sur son action ?Les idées et des propositions défendues par le président Sarkozy, avant et pendant le sommet, étaient justes. Elles constituent une meilleure réponse à la crise que celles avancées à l'époque par Barack Obama. Je me réjouis que sa persévérance et son influence aient permis d'orienter les travaux du sommet dans la bonne direction. nLa persévérance et l'influence de Nicolas Sarkozy ont orienté le sommet dans la bonne direction.
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