La Peggy Guggenheim Collection de Venise a donné carte blan...

Wim Delvoye, anachronique et futuristeIl a inventé une machine à produire des étrons (« Cloaca », 2000), désormais cotée en Bourse. Tatoué des cochons, allant même jusqu'à en faire des sacs Chanel. Radiographié des fellations et autres réjouissances kama-sutresques. Le Flamand Wim Delvoye s'est imposé au cours de cette dernière décennie comme l'un des plasticiens les plus pertinents et les plus radicaux de sa génération. Car il n'hésite pas à investir le quotidien, à convoquer l'absurde avec le plus grand sérieux, à interroger notre rapport au vivant. Musées prestigieux et collectionneurs se l'arrachent. Pas étonnant que la Peggy Guggenheim Collection de Venise lui ait donné carte blanche à l'occasion de la Biennale. Rencontre.Comment est née l'idée de l'?uvre que vous présentez à la Guggenheim Collection de Venise ?J'avais la possibilité d'investir les lieux comme je l'entendais. Mais plutôt que d'être présenté aux côtés des Picasso, j'ai préféré monter sur le toit et installer la maquette d'une tour gothique de 10 mètres de haut, en acier. Ça permet d'instaurer un dialogue entre le Nord et la culture méditerranéenne de Venise. Il faut prendre cette tour, aussi anachronique que futuriste, comme un commentaire sur l'état actuel de l'architecture et sur la manière dont nous existons à travers elle.Comment s'inscrit cette ?uvre au sein de votre travail ?J'ai déjà réalisé des camions et des pelleteuses aux accents gothiques. Disons qu'une tour, c'est plus sérieux, mais c'est tout aussi surréaliste. Et puis, il y a là un aspect artisanal qui m'intéresse, alors que c'est désormais une valeur démodée de l'art. Je crois qu'aujourd'hui, je cherche davantage la beauté des choses. Peut-être que je vieillis.Vous avez exposé deux fois à la Biennale de Venise. Qu'est-ce que ça représente pour un artiste ?C'est l'assemblée générale de notre profession. Qu'importe de gagner le Lion d'or. Ce qui compte, ce sont les commandes, les invitations des plus grands musées internationaux que les artistes reçoivent après avoir exposé à Venise. Ça vaut tous les grands prix du monde.Qu'irez-vous voir cette année ?Les pavillons des Émirats arabes unis et de la Chine. Mais de nombreux pays ont profité de la crise pour réduire leur budget. Ce qui va donner des pavillons nationaux très tristes. Je pense donc que le off sera beaucoup plus stimulant avec des artistes certainement bien plus motivés.recueilli par Yasmine YoussiWim Delvoye, Peggy Guggenheim Collection. Tél : +39.041.24.05.411. Jusqu'au 22 novembre. www.guggenheim-venice.it.

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