Le Trésor renonce à plafonner les salaires à Wall Street

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Finalement, Wall Street peut respirer. « Nous n'avons pas l'intention de plafonner les rémunérations et nous ne considérons pas que de nouvelles lois soient nécessaires en la matière », a dévoilé hier le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, à l'issue d'une réunion avec la présidente du gendarme boursier (SEC), Mary Schapiro. Certes la banque centrale américaine planche de son côté sur des recommandations visant à empêcher que les pratiques de rémunération des banques n'encouragent les prises de risque excessives. Mais les pouvoirs qui seront prochainement conférés par le Trésor à la SEC en matière de rémunérations promettent d'être limités.Ainsi, Timothy Geithner va demander au Congrès que la SEC soit autorisée à accorder davantage de pouvoirs aux actionnaires de l'ensemble des sociétés cotées aux États-Unis. Dans un souci de transparence, les actionnaires devront pouvoir s'exprimer, « de façon non contraignante », sur les émoluments des dirigeants d'entreprise. De plus, le gendarme boursier vérifiera que les commissions chargées de déterminer les rémunérations du « top management » de ces entreprises obtiennent davantage d'autonomie. « Nous allons demander plus de transparence sur la façon dont sont rémunérés les dirigeants des sociétés cotées, mais certainement pas décider quel doit être le niveau de leurs émoluments », a précisé à « La Tribune » le siège de la SEC, indiquant que le gendarme organiserait le mois prochain une réunion en interne pour définir la ligne de conduite à adopter par les sociétés. « De même, c'est le Congrès qui décidera si les actionnaires peuvent avoir leur mot à dire sur le montant des rémunérations (?say-on-pay?), pas la SEC qui se contentera de faire appliquer la loi », ajoute le même porte-parole. De son côté, la Fed planche sur des règles dont l'objectif est d'aligner les rémunérations sur les performances et les intérêts à long terme des établissements financiers. Le Trésor propose que les « parachutes dorés » et les enveloppes versées lors des départs à la retraite des dirigeants « soient alignés sur les intérêts des actionnaires ».soulagementLes entreprises qui, comme Bank of America, Citigroup et AIG ne figurent pas parmi les établissements financiers autorisés à rembourser les fonds du plan de stabilisation financière (Tarp), sont aussi soulagées. Selon le « Wall Street Journal », l'administration a également renoncé à plafonner les salaires dans les sociétés aidées à hauteur de plus de 500 millions de dollars par le gouvernement fédéral, se contentant d'une loi adoptée en février au Congrès. Ce texte interdit le versement de bonus en numéraire pour leurs vingt-cinq plus importants dirigeants et limite en outre le versement des bonus en titres à hauteur du tiers de leur salaire de base. Les salaires des plus importants bénéficiaires du Tarp ? en clair ceux ayant perçu des milliards de dollars ? ne seront pas plafonnés à un niveau préfixé mais ils seront placés sous la surveillance d'un « tsar des rémunérations » qui aura le pouvoir de les limiter. Pour tenir ce rôle inédit et portant sur les 100 plus grands salaires, l'administration a choisi Kenneth Feinberg, un médiateur auprès des tribunaux, qui avait été chargé du fonds de compensation des victimes des attentats du 11 septembre 2001. Selon Timothy Geithner, l'administration Obama annoncera « très prochainement » les mesures relatives à la supervision des rémunérations au sein des entreprises ayant perçu des fonds publics.

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