La Russie torpille après coup un accord sur le gaz

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Le Coup de théâtre n'a sans doute pas été goûté par les observateurs postés hier au chevet des gazoducs ukrainiens, en vertu d'un accord tout frais. Après avoir signé samedi un accord proposé par l'Union européenne, la Russie, qui accuse son voisin de siphonner du gaz de son réseau, a déclaré dimanche soir que les ajouts proposés par l'Ukraine introduisaient des contradictions dans le dispositif. L'accord théorique que la présidence tchèque de l'Union européenne avait arraché aux deux parties permettait a priori de redémarrer les livraisons de gaz russe vers l'Europe, interrompues depuis mercredi dernier. Après avoir été reçu par Vladimir Poutine, le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, qui assure actuellement la présidence de l'Union européenne, s'était rendu à Kiev pour faire signer l'accord de transit du gaz russe vers l'Europe par l'exécutif ukrainien. « Une fois que le mécanisme de contrôle commencera à fonctionner, nous reprendrons les livraisons de gaz, avait expliqué M. Poutine. Mais si nous les surprenons en train de voler ou si une partie du gaz disparaît, nous réduirons à nouveau les approvisionnements. » Aucune limite de temps n'a été fixée pour la mission des observateurs, ce qui pourrait constituer le nouveau sujet de discorde entre les deux pays. Qui n'en manquent toutefois pas. Alors qu'il faudra au moins trois jours avant qu'une pression suffisante ne permette à l'Europe centrale de retrouver l'usage du gaz livré par la Russie, les robinets n'étaient donc toujours pas été rouverts hier soir. Au total, 18 pays, dont notamment la Slovaquie, la Serbie, la Macédoine, la Roumanie, la Moldavie, ont dû revoir leur consommation de carburant à la baisse ou interrompre certaines activités industrielles, ou même le chauffage des écoles pour la Bulgarie.danger NucléaireEn Ukraine, le différend commercial opposant le pays à la Russie reste entier, et les livraisons Russie-Ukraine également au point mort. Cela ne devrait pas poser de problème à court terme, le pays disposant de cavités naturelles permettant de stocker du gaz. Lesquelles sont visiblement bien garnies : Kiev avait proposé, samedi, d'approvisionner la Bulgarie et la Moldavie à partir de ses propres réserves. Le groupe gazier ukrainien Naftogaz serait toutefois menacé de faillite selon ses auditeurs, qui se sont alarmés hier de l'énorme dette du groupe envers Gazprom ainsi que de l'évolution des prix du gaz.Parmi les conséquences imprévues de l'interruption de livraison de gaz russe depuis mercredi dernier, la Slovaquie a redémarré, samedi, le second réacteur de sa centrale nucléaire de Jaslovske Bohunice, une installation obsolète que le pays venait d'arrêter le 31 décembre, conformément à son traité d'adhésion à l'Union européenne. C'est la première fois qu'un pays viole ce type d'accord. Selon Bruxelles, la remise en marche de ce réacteur par Bratislava ne repose sur « aucune base légale ». La Lituanie, qui doit fermer une centrale de la même génération en 2009, et la Bulgarie, qui dispose aussi de telles installations, pourraient être tentées d'en faire autant. Aline Robert

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