500 millions

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Deux heures durant, hier, lors de sa première prise de parole officielle en tant que directeur général de Carrefour, Lars Olofsson a filé la métaphore guerrière pour esquisser la stratégie de « reconquête » qu'il imposera à Carrefour. Il n'en dévoilera les détails qu'en juin lors de la convention annuelle des cadres Carrefour. Mais tout de go, à la question « Faut-il voir en votre ton combatif celui d'un Viking ? », le Suédois, entré en fonctions il y a tout juste deux mois, répond vouloir effectivement mener le numéro deux mondial de la distribution à la manière d'un drakkar. Et manifestement, il ne plaisante guère.Le vaisseau devra hisser fièrement l'étendard Carrefour dans les 32 pays où il est présent. « Je ne me sens pas de lancer le drakkar à l'assaut d'autres », a précisé Lars Oloffson. Son équipage ? un comité d'exécutif de neuf hommes choisis par José Luis Duran, son prédécesseur ? devra ramer avec hargne pour reprendre des parts de marché. « Et faire mieux que les autres, et avant les autres », a-t-il expliqué. Les performances de Carrefour devront tutoyer celles de ses concurrents. Le groupe, dont la marge opérationnelle s'est établie à 3,79 % en 2008, doit viser les 5,9 % de rentabilité opérationnelle des meilleurs distributeurs. Enfin, les salariés devront viser un seul cap : « la France, la France, la France », a martelé Lars Olofsson, espérant que les meilleures méthodes de Carrefour à l'étranger soient appliquées à l'Hexagone, son talon d'Achille.Tout commencera par un sévère plan de réduction de coûts. Carrefour veut économiser 500 millions d'euros en 2009 sur ses 20 milliards de frais de fonctionnement. « Soit plus du triple du montant de 2008 », a calculé Lars Olofsson. Le groupe changera en profondeur de modèle de fonctionnement. « Notre organisation doit devenir plus agile », a-t-il indiqué, sans préciser les suppressions d'emplois que le distributeur pourrait s'imposer.Pour assurer sa relance, Lars Olofsson chiffre à 600 millions d'euros le montant à investir dans la baisse des prix des produits mis en magasin. Bien que pressé de questions par les analystes sur la méthode adoptée pour financer cette somme, le directeur général de Carrefour est resté évasif. Manifestement, il compte sur ses marques de distributeurs (+ 40 % de références en 2009) et sur les efforts arrachés à ses fournisseurs pour vendre moins cher. Il a ainsi annoncé le lancement d'une nouvelle marque destinée à concurrencer le hard discount, confirmant une information parue dans « La Tribune » (nos éditions du 11 mars). Ce sera pour avril. Enfin, Lars Olofsson va accélérer la mise à mort de l'enseigne Champion en France. Avec cinq mois d'avance sur le calendrier prévu, elle disparaîtra en octobre au profit du nouvel étendard, Carrefour. Il n'en fallait pas plus pour rassurer les marchés. Le titre a gagné 5,65 % hier à la Bourse de Paris. nle numéro deux mondial de la distribution est mené à la manière d'un drakkar.

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