La France et l'Allemagne amorcent la reprise

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Nous sortons de la récession, mais pas de la crise. » C'est ainsi que les conseillers de Christine Lagarde apprécient les statistiques publiées hier par l'Insee, faisant état d'une hausse surprise du PIB au deuxième trimestre. Contre toute attente, l'activité n'a pas reculé à nouveau. Les conjoncturistes anticipaient une nouvelle baisse du PIB, certes moins forte que celles enregistrées fin 2008 et au premier trimestre 2009 (? 1,4 % et ? 1,3 % d'un trimestre sur l'autre). En lieu et place d'une contraction du PIB, l'Insee a annoncé une hausse de 0,3 % par rapport aux trois mois précédents. Pure coïncidence, le PIB allemand a enregistré une progression exactement similaire.De quoi permettre à la zone euro de s'extraire, elle aussi, du marasme ? On aurait pu le penser, au vu du poids des économies françaises et allemandes. Mais l'Italie est restée engluée dans la récession, de même que l'Espagne, comme c'est le cas pour l'Autriche, la Belgique? Du coup, le PIB de l'Union monétaire aurait encore reculé légèrement (? 0,1 %).Rebond solideChristine Lagarde a salué des chiffres « extrêmement surprenants », se félicitant que « après quatre trimestres de croissance négative, la France sorte enfin du rouge ». Ce qui rend les experts relativement optimistes, c'est que, contrairement aux prévisions, le rebond de l'activité n'est pas venu d'un arrêt technique du déstockage, qui, par nature, aurait eu un impact éphémère.La bonne surprise de la croissance repose sur des bases plus solides, tenant pour beaucoup à la bonne tenue relative de la consommation, et surtout à une poussée inattendue des exportations (lire ci-dessous). Tout comme en Allemagne, où la demande intérieure reste atone. Du reste, si le PIB allemand a progressé d'un trimestre sur l'autre comme celui de la France, sur un an, il reste beaucoup plus bas (? 5,9 % contre ? 2,6 % en France). Au cours des prochaines semaines, Bercy révisera sans doute à la hausse l'estimation du PIB de la France pour l'ensemble de 2009. Il ne reculerait pas de 3 %, comme prévu, mais d'un peu plus de 2 %. Si l'activité restait stable au troisième et quatrième trimestres, le PIB baisserait de 2,4 % cette année, selon les calculs de l'Insee.Pour autant, les conseillers de Christine Lagarde ne veulent pas crier victoire. « Techniquement, nous sortons effectivement de la récession. Mais nous restons dans une période de crise économique, car les difficultés des banques sont loin d'être résolues, l'endettement va peser sur la demande, le marché du travail continue de se dégrader. » Quand sortirons-nous de la crise ? « Dès que les créations d'emplois reprendront. » Il faudra attendre encore de longs mois.

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