Outre-Rhin, le réveil après un an de cauchemar

Comme en France, l'Allemagne est sortie au deuxième trimestre de la récession. D'avril à juin, le PIB a ainsi gagné 0,3 % par rapport à son niveau du trimestre précédent. Son premier gain après un an de recul. Ce chiffre, dont le détail ne sera connu que le 25 août, a surpris des économistes qui, en moyenne, tablaient sur un nouveau recul de 0,3 %. Pour expliquer cette précoce stabilisation, quelques pistes d'explications sont déjà avancées. Les dépenses des ménages et des administrations ainsi que la construction ont joué positivement. Les deux plans de relance fédéraux y sont sans doute pour beaucoup. Hier, le ministre de l'Économie, Karl-Theodor zu Guttenberg, pouvait ainsi attribuer cette bonne surprise à l'action « rapide et courageuse » de son gouvernement. La prime à la casse pour les automobiles, par exemple, a permis une hausse de 26 % des immatriculations au premier semestre. Mais, surtout, la dégradation du marché de l'emploi a été largement limitée par le recours massif au travail partiel, largement subventionné par l'État. Du coup, les revenus des ménages ont été épargnés et la consommation a pu tenir bon. Mais la clé de l'économie allemande reste son commerce extérieur qui, en s'effondrant, avait plongé le pays dans sa pire récession de l'après-guerre. Mais cette fois, l'hémorragie semble être stoppée. Alors que les importations reculaient sous l'effet de la baisse de la demande industrielle, les exportations ont progressé de 1,8 % au deuxième trimestre et de 7 % en juin. Un signe encourageant qui laisse penser que si la reprise mondiale se confirme, l'Allemagne saura à nouveau en profiter.L'optimisme restait cependant mesuré outre-Rhin. Certes, les économistes d'UniCredit pouvaient décréter que « le cauchemar allemand est termin頻. Mais Karl-Theodor zu Guttenberg, lui-même, a prévenu qu'il n'y avait pas « encore de raisons de se laisser aller à l'euphorie ». L'économie allemande se stabilise en effet à un niveau fort bas. En un an, le PIB allemand a reculé de 5,9 %. Les entreprises restent en effet très prudentes : elles continuent à éliminer leurs stocks et à réduire leurs investissements, signe qu'elles ne prévoient guère de reprise vigoureuse. Or, une stabilisation de l'activité au niveau actuel ne permettra pas de poursuivre les mesures coûteuses sur le travail partiel et devrait déboucher sur des suppressions d'effectifs. Et comme au 31 décembre 2009, c'en sera fini de la prime à la casse, le moteur de la consommation pourrait s'essouffler en début d'année prochaine.Du coup, si le semestre en cours devait confirmer le mouvement de correction (notamment par la reconstitution des stocks) et de reprise, certains n'excluent pas une rechute en 2010. Quoi qu'il en soit, beaucoup, comme les économistes de WestLB, estiment que « l'économie allemande mettra plus de temps qu'il en faut habituellement » pour retrouver le niveau précédant le début de la récession.Romaric Godin, à Francfortsi le semestre en cours devait confirmer le mouvement de correction certains n'excluent pas une rechute en 2010.

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