Les assureurs demandent une meilleure prévention des catastrophes

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uranceAlors que la saison des ouragans commence et que le phénomène climatique El Niño est de retour (« La Tribune » du 11 août), les assureurs français tirent la sonnette d'alarme. Selon leurs calculs, les dommages indemnisés en France métropolitaine vont doubler au cours des vingt prochaines années. Ils se sont élevés à 34 milliards d'euros en cumul entre 1988 et 2007 et atteindraient 60 milliards entre 2008 et 2030. Au montant des vingt dernières années viendrait en effet s'ajouter un surcoût de 16 milliards lié aux évolutions socio-économiques et à l'augmentation de la masse assurable. « Si les inondations de 1988 [dans la région de Nîmes, 521 millions d'euros, Ndlr] se reproduisaient aujourd'hui, nul doute que le coût des dommages serait bien plus élevé : les territoires touchés ont connu une forte croissance économique », observe l'étude de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). L'aggravation et la multiplication des événements naturels locaux dues au changement climatique viendraient aussi alourdir la facture avec une hausse de 10 % de la fréquence des sécheresses, de 15 % des inondations et de 10 % des tempêtes.Mais ce sont surtout les événements extrêmes qui inquiètent les compagnies. « L'hypothèse du doublement de la fréquence est cohérente avec les tendances du dernier rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). La sécheresse de 2003, dont la période de retour est de vingt ans, se reproduirait alors tous les dix ans, par exemple. De même que les tempêtes Lothar et Martin de 1999 qui toucheraient la France tous les soixante ans au lieu des cent vingt estimés », selon l'étude. Certains événements qui ne se sont pas produits durant les vingt dernières années pourraient survenir comme des inondations dues à un débordement de la Seine (coût évalué à 9 milliards), par exemple. Au total, l'augmentation des coûts liés à ces événements extrêmes est évaluée à 13 milliards.surprime obligatoireCette inflation se répercutera sur le prix de l'assurance. « La part de la couverture contre les événements naturels dans le budget assurance dommages des ménages et des entreprises passera à près de 25 % (contre 16 % initialement) », estime la FFSA. Actuellement, tous les souscripteurs d'un contrat d'assurance dommages aux biens (auto, habitation, etc.) paient obligatoirement une surprime catastrophes naturelles (cat' nat'), depuis la loi de juillet 1982 instituant le régime d'assurance doté de la garantie de l'État. Cette surprime s'élève à 12 % du montant de la cotisation.Face à ce constat, les assureurs préconisent notamment le renforcement de la réglementation sur les fondations des maisons pour anticiper les effets de la sécheresse et la mise en place accélérée des plans de prévention des risques d'inondations. Ils demandent surtout une redéfinition des missions du fonds Barnier. Créé en 1995, ce fonds devait initialement financer les indemnités d'expropriation, les dépenses liées à la limitation d'accès et à la démolition de biens exposés aux risques naturels. Les assureurs « contestent les élargissements successifs du périmètre d'action du fonds Barnier » qui ont entraîné une hausse de son budget. Or ce fonds est alimenté par un prélèvement sur les cotisations cat' nat'. De 2 % en 1995, ce prélèvement est passé à 4 % en 2006, puis 8 % en 2008 et 12 % aujourd'hui. « Tout besoin supplémentaire du fonds se fait au détriment des ressources nécessaires à l'indemnisation des dommages », déplorent les assureurs estimant ce principe « peu pertinent » compte tenu des besoins croissant en indemnisation. Le financement du fonds « ne doit plus se faire sous la forme d'un prélèvement sur les cotisations catastrophes naturelles », conclut la FFSA alimentant ainsi le débat sur la réforme du régime d'assurance « cat' nat' » en suspens depuis fin 2006. Séverine Sollier

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