Le brevet des collèges sera réformé a minima

ÉducationC'est une autre réforme, plus discrète que celle du lycée, mais qui agite autant le landernau de l'Éducation nationale. Le projet du nouveau brevet des collèges divise les syndicats depuis de nombreuses semaines. Cette réforme doit mettre en conformité ce diplôme avec la loi d'orientation pour l'avenir de l'école de 2005 (loi Fillon). Disposition phare de cette loi, le fameux socle commun qui fixe sept compétences majeures devant être maîtrisées en fin de scolarité obligatoire, et, à ce titre, évaluées. D'où l'expérimentation des livrets de compétences, les évaluations des acquis en CE1 et CM2, et donc le nouveau brevet qui s'appliquera définitivement à partir de la session 2011 après une année 2009-2010 transitoire.Or l'arrêté du nouveau brevet, publié le 25 juillet au « Journal officiel », cristallise les tensions entre défenseurs et opposants du socle commun. Sgen-CFDT et SE-Unsa se sont longuement affrontés avec le Snes-FSU sur le contenu et les modalités des épreuves, notamment la place du contrôle continu. Tant et si bien que le texte s'est vidé de sa substance entre les premières maquettes et la mouture définitive, rejetée le 1er juillet par le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), une instance purement consultative. « À l'origine, le projet visait à transformer en profondeur le brevet avec l'augmentation du nombre d'épreuves et un changement des règles du jeu du contrôle continu », explique Roland Hubert, du Snes-FSU. Finalement, le ministère a accepté la prise en compte dans le contrôle continu de toutes les notes, et pas seulement celles supérieures à 10 (exception faite de la session 2010). Un geste critiqué par le SE-Unsa, qui craint que les élèves les plus faibles en pâtissent. Résultat, regrette Thierry Cadart, le secrétaire général du Sgen-CFDT, « le socle commun prend du retard et est traité a minima ». Exit aussi le livret de compétences. En fin de compte, « la forme générale du brevet reste la même », convient-on rue de Grenelle. « La seule innovation est l'introduction d'une épreuve orale d'histoire des arts », conclut Roland Hubert.la plus grande difficultéDu coup, l'arrêté cherchant à concilier deux logiques opposées, le débat reste ouvert. Au-delà, analyse Thierry Cadart, la plus grande difficulté vient de la résistance d'une partie du corps enseignant, saturé de mesures imposées sous l'ère Darcos. Avec les réformes du lycée et de la formation des enseignants, l'un des devoirs de rentrée de Luc Chatel, qui se veut être « le ministre du dialogue », sera donc aussi de déminer le dossier du nouveau brevet. Clarisse Jay

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