De l'Islande à la péninsule Valdés, en Patagonie, les hom...

Sur les traces de Moby Dick« Je vous donne trois minutes si vous tombez dans l'eau, après, le froid vous paralyse et puis? c'est terminé. » C'est l'été en Islande mais la mise en garde a de quoi refroidir. Pas question de se pencher par-dessus le bastingage du bateau qui fend l'eau compacte et sombre de l'Atlantique nord. Aujourd'hui, c'est uniquement pour apercevoir le corps luisant comme de l'or noir des baleines émerger brusquement, puis disparaître tout aussi rapidement dans les flots que le bateau a pris la mer. Mais sur le port de Reykjavik, juste en face du ponton touristique, se dressent, noirs, rouillés, funestes, d'anciens baleiniers, ceux d'une autre époque où les hommes partaient en mer sur des rafiots minuscules à côté des cétacés qu'ils chassaient. Moby Dick, la baleine blanche du capitaine Achab, n'est pas loin. À moins qu'elle soit à l'autre bout de l'Atlantique, vers la péninsule Valdés, en Patagonie argentine. En tout cas, les baleines, les orques, les petits rorquals, rorquals à bosse et autres baleines bleues font leur apparition au même moment?: le début de l'été, dans l'hémisphère Nord, au début de l'hiver, dans l'hémisphère Sud. Les baleines, on les sent avant qu'elles n'apparaissent. « Elles retiennent leur souffle dans l'eau et, en émergeant, elles rejettent le gaz carbonique », explique la guide islandaise. Bref, les baleines ont l'haleine fétide? « Midi dix, petit rorqual? ! » signale le guide. Le corps souple, élégant pour son poids? ? « plus que le bateau avec sa cargaison de touristes » ? a déjà disparu. En Argentine, le spectacle est sur la plage. Ce sont surtout les orques que les touristes viennent voir. Effet de la nature, de petits canaux naturels leur permettent de s'échouer ? devant d'innocents lions de mer. En un coup de mâchoire? c'est terminé. La nuit s'élève le chant des baleines à bosse. Elles se parlent. Se racontent sans doute leurs aventures. L'océan. L'immensité. Le temps inexistant. Les spots de plancton, qui abondent en cette saison. Le petit musée de Reykjavik retrace l'épopée de la pêche à la baleine. Les quarts, la nuit. Le café, dans le carré étriqué. À Trelew, près de la péninsule Valdés, le musée paléontologique évoque des temps bien plus reculés. Les squelettes exposés sont ceux de dinosaures, et en particulier l'« Argentinausurus », le plus gros animal vertébré du monde. Avant la baleine, s'entend. Aujourd'hui, elle détient le record?: 100 tonnes pour certains cétacés. Et cela n'a pas empêché l'homme de lui courir après pour l'huile, extraite de son lard, énorme carapace blanche sous la peau noire, la protégeant du froid. C'était pour éclairer les hommes à la lampe. C'était avant la découverte de l'or noir. Aujourd'hui, c'est pour sa viande, qui ressemble, dit-on, à un bon steak, que du Japon à l'Islande, on la tue encore? La baleine, sur tous les continents, de tous les temps, a fasciné. L'apercevoir, au loin, ou soudain toute proche, dans le silence de la mer, le visage fouetté par le vent donne une impression d'infini, de voyage à travers l'histoire de l'homme et de la vie. nVacances de rêve/de l'Islande à la patagonie

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