Comptes de rigueur pour le Medef

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En matière de transparence comptable, la course aux bons points est ouverte entre les organisations patronales. Alors que l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) présentera demain les premiers comptes certifiés de son histoire, le Medef s'est plié à l'exercice hier. En publiant, pour la deuxième année, un rapport de gestion approuvé « sans réserve » par un commissaire aux comptes, l'organisation de Laurence Parisot se veut exemplaire. « Il est important qu'en ce domaine, le Medef s'aligne sur les pratiques des entreprises », précisait, hier, Jean-Louis Schilansky, le vice-président trésorier.Preuve de son souci de bien faire, le Medef a présenté les comptes de la maison mère, mais aussi des éléments sur ses associations satellites. Et pris ainsi les devants d'une disposition de la loi d'août 2008 sur la représentativité syndicale qui rend obligatoire cet exercice de « consolidation » pour toutes les organisations patronales et syndicales à partir des comptes 2009. Dans l'annexe IV de son rapport de gestion, le Medef liste ainsi douze associations créées à son initiative. Et profite de l'occasion pour annoncer la dissolution de cinq d'entre elles. Si la disparition de l'association sportive et culturelle du Medef est liée à l'organisation d'élections professionnelles d'ici à l'été, la suppression des quatre autres résulte de la volonté de réintégrer au sein du Medef des activités sur lesquelles la « maison mère » avait perdu le contrôle au fil des ans. Particulièrement visées : l'Apic et l'Apic formation, créées autour du 1 % logement, qui a défrayé la chronique en 2008, dont la liquidation est en cours. En revanche, le Medef n'était pas capable, hier, de dire si l'ensemble de ses adhérents ? Medef territoriaux et fédérations ? présenteraient des comptes 2008 certifiés comme le leur avait demandé Laurence Parisot en pleine affaire UIMM.réductionCôté gestion courante, le compte de résultats 2008 est moins surprenant. L'année dernière, le Medef a fonctionné avec un budget de 37,98 millions d'euros, en légère hausse par rapport à 2007 (36,62 millions d'euros). L'organisation a notamment bénéficié d'une progression de ses cotisations (21,32 millions d'euros, contre 20,02 millions en 2007), grâce à la contribution de deux nouvelles fédérations, l'Union française de l'électricité et le Syndicat des opérateurs postaux. L'année 2009 s'annonce, en revanche, sous des auspices moins favorables, en raison de l'impact de la crise économique sur les rentrées de cotisations (« La Tribune » du 15 juin). Jean-Louis Schilansky a confirmé, hier, que certaines fédérations en grandes difficultés avaient obtenu une réduction de leurs contributions, d'autres des reports. Et indiqué que « les boulons avaient été serrés sur le budget 2009 ». Le Medef dispose cependant d'une trésorerie d'un montant de 33,2 millions d'euros. Des réserves largement inférieures à celles de l'UIMM, mais qui lui permettent quand même de surmonter la mauvaise passe qui s'annonce?

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