Obama dévoile son plan pour sauver l'immobilier
La Tribune
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Nous payons tous le prix de la crise immobilière et il sera encore plus lourd si elle s'aggrave », a déclaré en substance le président Barack Obama hier dans la banlieue de Phoenix en annonçant son plan de sauvetage du secteur. Il s'agit donc de frapper fort : assorti d'une enveloppe de 75 milliards de dollars, le dispositif, visant uniquement les résidences principales, part de la volonté d'éviter que les ménages n'accumulent du retard dans le remboursement de leur prêt faute de moyens, et se retrouvent victimes d'une saisie de leur bien. Fréquent (lire ci-contre), ce type d'enchaînement pèse en effet sur les prix, puisque les maisons sont la plupart du temps revendues en dessous de leur valeur. De plus, l'afflux de biens sur un marché déjà en panne de demande alimente à son tour la tendance baissière. freiner la spiraleLes conséquences économiques sont connues : manque de confiance des foyers, consommation en berne, chômage en hausse? En freinant cette spirale, la Maison-Blanche considère que son plan ralentira la baisse des prix et offrira un gain de 6.000 dollars par maison. Concrètement, côté emprunteurs, le plan prévoit d'offrir aux propriétaires la possibilité de réduire les montants empruntés (de 1.000 dollars par an sur cinq ans) s'ils maintiennent leurs remboursements. Côté prêteurs, une prime incitative (jusqu'à 1.000 dollars) leur sera versée s'ils se montrent conciliants envers leurs clients, avant même l'apparition d'un défaut de paiement.Par ailleurs, si un prêteur revoit les mensualités d'un emprunteur pour faire en sorte que les remboursements ne représentent plus que 38 % de ses revenus, l'État fédéral s'engage à apporter les fonds nécessaires pour porter cette réduction à 31 %.Selon les estimations officielles, le plan Obama devrait permettre à cinq millions de foyers de profiter de prêts bonifiés et à quatre autres millions d'éviter la saisie. « Devoir rembourser un prêt plus élevé que la valeur de marché du bien immobilier est problématique », précisent les économistes de Moody's Economy.com dans une récente étude. De fait, les prêts étant hypothécaires, les banques rechignent à les renégocier en contrepartie d'un bien dévalué. S'ils veulent vendre, les propriétaires ont du mal, dans un marché sinistré, à trouver acquéreur. « Le piège se referme avec la perte d'un emploi et résulte en un défaut de paiement, dernière étape avant la saisie », poursuivent les analystes. Or le nombre de défauts s'élève actuellement à 3 millions par an, contre moins d'un million en temps normal. De plus, 14 millions de propriétaires ont vu la valeur de leur bien descendre sous le niveau de leur crédit immobilier. Le danger rôde, d'autant que le taux de chômage, à 7,6 % actuellement, devrait prochainement excéder 8 %. Il ne reste donc plus qu'à espérer que le plan Obama porte ses fruits ? là où celui de l'équipe Bush qui s'en était remis à la seule bonne volonté des institutions prêteuses pour la révision des conditions des prêts, avait échoué. La porte est étroite. En 2010-2011, des prêts subprime d'une valeur de 25 milliards de dollars, consentis en 2005-2006, devraient connaître des relèvements automatiques de taux?n
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