La crise, une aubaine pour la Chine

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La crise ne modifie pas la nature des évolutions de long terme, mais leur mesure. Ainsi, la montée en puissance de la Chine semble-t-elle s'accélérer depuis quelques mois. L'Occident et l'Asie développée vont connaître une forte récession en 2009, tandis que l'empire du Milieu résiste admirablement, grâce aux bénéfices d'une économie administrée, soutenue par des injections massives de dépenses publiques. La crise prend ainsi à revers le titre du livre fameux d'Alain Peyrefitte : c'est quand le monde tremble que la Chine s'éveille, et non pas l'inverse. Premier marché du monde pour l'automobile, la téléphonie, l'aéronautique, la Chine est aussi le plus gros détenteur de réserves financières, le créancier le plus important des États-Unis, la puissance militaire qui possède l'armée la plus nombreuse, ou encore le pays qui forme le plus d'ingénieurs. Le chinois est la langue des superlatifs. Après les discours lénifiants sur la « mondialisation heureuse », la vérité commence à se faire jour. Il n'y a pas si longtemps, les pays développés comptaient sur les produits à forte valeur ajoutée pour compenser les pertes d'emplois du textile et de la sidérurgie, secteurs qu'ils abandonnaient volontiers aux pays pauvres, faute de compétitivité suffisante. Leur stratégie économique était celle de la montée en gamme industrielle, de façon à justifier des salaires élevés et une coûteuse protection sociale. Dix ans plus tard, la Chine fabrique toujours des T-shirts, mais aussi des fusées spatiales, des téléphones mobiles et des voitures. L'immense réserve de main-d'?uvre sous-qualifiée est toujours là, et il y a, en plus, des centaines de milliers d'ingénieurs et des financiers de première qualité : l'hydre chinoise pointe ses innombrables têtes sur tous les marchés en même temps, le phénomène de rattrapage salarial ne jouant qu'à la marge dans un si grand pays. La réussite de Pékin est d'abord le fruit de trente ans de travail, et celui d'une stratégie de développement ingénieuse. Mais elle résulte aussi d'une certaine naïveté des Occidentaux, qui ont offert l'accès à leurs marché et technologies. « Que gagne-t-on à échanger ? » était le sujet de l'épreuve de philosophie du bac 2009. Les relations commerciales avec la Chine fournissent quelques éléments de réponse contemporains à cette question aussi ancienne que la société des hommes. Le bon sens et l'économie se retrouvent ici : si l'on ne veille pas à l'équité de l'échange, on se retrouve Gros Jean comme devant.flenglet@latribune.fr françois lenglet

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