Continental juge ses sites français trop chers

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« Les coûts de l'usine de Clairoix sont supérieurs de 13 % à ceux de Sarreguemines, soit un surcoût de 12 millions d'euros par an. Et Sarreguemines coûte 7 millions de plus que le site de Korbach (en Allemagne) », nous expliquait hier Nikolai Setzer, responsable de la division pneus de tourisme de Continental, qui a annoncé la semaine dernière la fermeture en 2010 de Clairoix (Oise). Le message est clair : les sites hexagonaux du manufacturier allemand coûtent cher. Et « il y a une différence significative entre les coûts occidentaux et ceux d'Europe de l'Est ou du Portugal ».Toutefois, Continental affirme que ce n'est pas cette raison qui l'a amené à sceller le sort de Clairoix (1.120 salariés), mais les actuelles surcapacités du groupe. « Nous avions fin 2008 une surcapacité de 7,5 millions de pneus. Celle-ci est passée à 15 millions aujourd'hui. Soit des surcapacités de 20 % environ. En conséquence, nous allons réduire de 20 % la production cette année, notamment à travers le chômage partiel. 14?000 personnes y sont aujourd'hui en Allemagne », souligne Nikolai Setzer. Mais ce n'était pas suffisant : « il nous fallait fermer un site ». Toutefois, « même après cette fermeture, nous serons encore en surcapacit頻, indique le dirigeant.concurrence chinoise« La demande de pneus de tourisme en première monte (ventes aux constructeurs) a baissé de 20 % à 30 % sur les deux premiers mois de 2009. Et la crise gagne les pneus de remplacement, avec une chute de 8 % ». Pis : Continental prévoit un « marché très difficile en 2009, 2010, voire 2011 ».En outre, les manufacturiers subissent « la concurrence de plus en plus acerbe des fabricants asiatiques (hors japonais), notamment chinois, qui occupent entre 10 et 15 % du marché des pneus de remplacement. Confrontés à des surcapacités chez eux, ils sont très actifs en Europe, avec des prix inférieurs de plus de moiti頻, précise Nikolai Setzer.« Il n'y a aucun autre plan social prévu actuellement. Mais si la crise persiste, nous aviserons », affirme encore le dirigeant. Alain-Gabriel Verdevoye

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