Un géant mutualiste plus compétitif et financièrement plus solide
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Le mariage de la Macif, de la Maif et de la Matmut, qui doit être annoncé mardi, ne laisse personne indifférent. Certains sont surpris de ce projet périlleux de mariage à trois, alors que le « partenariat » antérieur entre le Macif et la Maif n'avait pas encore produit tous ses effets. D'autres s'attendaient à ce mouvement de concentration. Jean Azéma, directeur général de Groupama, considère ainsi que « c'est une évolution logique d'avoir trois grands pôles mutualistes en France », à savoir Covéa (qui réunit Maaf, MMA et GMF), Groupama et le dernier né Macif-Maif-Matmut. Tous s'accordent sur un point : le principal écueil sera managérial. « Covéa a réussi, mais le groupe a un patron unique et toutes les fonctions centralisées ont une direction unique », souligne un spécialiste. La forme juridique de société de groupe d'assurances mutuelles (SGAM), qui devrait être celle du nouvel ensemble, est sur ce point d'une grande souplesse. la volonté d'aller viteUne chose est sûre : les trois mutuelles veulent aller vite. La création du groupe serait prévue avant la fin de l'année, ce qui suppose une validation par les assemblées générales extraordinaires de sociétaires à l'automne et un passage devant les instances du personnel au cours de l'été. Certains voient une cause financière à cette précipitation. La nécessité de renforcer les fonds propres aurait accéléré l'union, car la SGAM permet une solidarité financière entre ses membres. L'amélioration de la compétitivité serait l'autre motivation majeure. Dans sa lettre aux salariés, la Macif souligne l'environnement concurrentiel de plus en plus difficile. De fait, même si elle continue à gagner chaque année des contrats d'assurance auto, son produit historique, elle en conquiert moins que les bancassureurs Pacifica (filiale du Crédit Agricolegricole) ou ACM (filiale du Crédit Mutuel). Or, la Macif, comme la Maif et la Matmut, maintient une politique de prix bas. Si bien qu'au total, la croissance du portefeuille de contrats ne permet pas de faire progresser les chiffres d'affaires suffisamment pour stabiliser les parts de marché des mutuelles, qui s'érodent lentement. Mettre en commun la gestion de sinistres auto ? plus de 1 million par an à elles trois ? par le biais d'un seul réseau de réparateurs agréés induirait une réduction des coûts de réparation de 5 à 10 %, selon Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet de conseil en stratégie Facts & Figures (lire ci-contre). Le développement des assurances de personnes, qui serait le troisième motif du mariage, présente des perspectives plus contrastées. Si, en assurance-vie, Mutavie la filiale très automatisée de la Macif, pourrait servir de locomotive aux deux autres mutuelles, moins avancées, en santé, en revanche, les partenariats préexistants de chaque mutuelle paraissent difficiles à dénouer. Séverine Sollie
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