L'antisarkozysme inspire les présidentiables, à gauche et à droite

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est à Nice. L'agenda présidentiel précise que le thème du déplacement est la lutte contre l'insécurité et les violences. Par temps de crise, le chef de l'État revient décidément aux fondamentaux qui lui ont servi dans son ascension vers l'Élysée. Et face à lui, l'opposition cherche toujours à se structurer, entre polémiques et rivalités.« L'antisarkozysme n'est pas un programme ». Cette affirmation de l'ancien patron du Parti socialiste, François Hollande, est démentie chaque jour dans les faits, tant le seul langage commun des opposants au chef de l'État reste la critique du style et de la méthode élyséenne.Ségolène Royal demeure la championne toutes catégories de la polémique et de la provocation, calquant sa tactique? sur celle adoptée par Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2007. Les excuses de l'ex-candidate socialiste aux Africains pour le discours présidentiel de Dakar de 2007 ou pour des propos peu amènes tenus sur des dirigeants étrangers ? propos démentis par l'Élysée ? suscitent une tempête politique et médiatique bienvenue pour Ségolène Royal, dans une période de basses eaux sondagières. La violence des réactions de l'UMP a obligé le PS à afficher s a solidarité avec la présidente de Poitou-Charentes. Mais les rivaux socialistes de Ségolène Royal refusent de lui laisser le titre de meilleure opposante, et donc de présidentiable la plus légitime. Et chacun accélère son propre travail de présidentialisation, dans le temps politique compté du quinquennat. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, compte ainsi sur les européennes de juin pour asseoir son autorité. Après une brève période de silence, François Hollande veut revenir s'installer au centre du jeu. Sans oublier les jeunes pousses, Vincent Peillon, Benoît Hamon ou Manuel Valls, qui n'excluent pas de créer la surprise d'ici 2011, année où sera désigné le candidat socialiste à la présidentielle.La logique institutionnelle voudrait que le Parti socialiste soit en 2012 le pivot d'une éventuelle alternance. Mais depuis l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, d'autres scénarios sont envisageables, comme celui où un homme venu de la droite pourrait rafler la mise, de la gauche au centre-droit, dans un second tour qui l'opposerait au président sortant. C'est tout le calcul de François Bayrou, qui publie le 30 avril « Abus de pouvoir », un livre à charge contre le chef de l'État, que le dirigeant du Modem compare sans fausse modestie au « Coup d'État permanent », signé par François Mitterrand contre le général de Gaulle en 1964. Mais François Bayrou n'est pas le seul à rêver d'incarner l'alternative. L'UMP Dominique de Villepin a lui aussi durci son discours, évoquant même un risque révolutionnaire dans la France dirigée par son éternel rival. ps et modemPour l'instant aucune initiative commune des opposants à Nicolas Sarkozy n'est programmée, même si François Bayrou et Dominique de Villepin ont prévu de se voir. La question d'une alliance entre le PS et le Modem a certes ressurgi, avec la proposition tactiquement habile de François Hollande à François Bayrou. Le député de Corrèze a appelé le dirigeant centriste à « sortir de l'ambiguït頻 et à « clarifier » ses relations avec le PS. Claude Bartolone, l'un des lieutenants de Martine Aubry, a aussitôt accusé François Hollande de placer les « wagons dans le désordre ». Ce qui, de toute façon, laisse ouverte la question de la locomotive.

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