Rien n'enraye la dégradation de la conjoncture
La Tribune
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Après les États-Unis, la Chine et le Japon, la Commission européenne planche à son tour sur un plan de relance budgétaire de l'ordre de 130 milliards d'euros, soit un point de PIB (lire page 6). Ce qui n'empêche guère les marchés d'actions de poursuivre ces derniers jours leur dégringolade comme s'ils doutaient de la capacité des États à mettre en ?uvre une relance significative et coordonnée. Il y a pourtant urgence. La conjoncture continue de se dégrader à un rythme inquétant. Le coût du fret, bon indicateur du commerce mondial, a été divisé par plus de dix depuis le début de l'année. Un navire capable de franchir le canal de Panama ne se loue plus que 7.500 dollars par jour contre 91.000 dollars en mai?! Les échanges commerciaux internationaux stagnent. Dans ces conditions, le FMI, pourtant peu enclin à encourager la dépense publique, multiplie les appels à une relance budgétaire concertée. « Dominique Strauss-Kahn a mille fois raison », estime le nouveau chef économiste d'Axa, Éric Chaney, qui explique qu'à partir du moment où l'on fait face à un effondrement de la demande agrégée mondiale, il n'y a plus de problème de « fuite ».réunir quatre qualitésÀ l'inverse, le gouvernement de François Mitterrand, qui avait engagé la France en 1981 dans une politique de relance solitaire, dans un contexte de ralentissement de l'activité internationale, s'était vite heurté à un creusement significatif du déficit extérieur, aboutissant quelques mois plus tard au tournant de la rigueur. Pour que la relance soit efficace, précise Éric Chaney, il faut donc qu'elle soit « mondiale et de grande ampleur », soit de l'ordre de 2 à 3 points de PIB, y compris pour l'Union européenne. Un point de vue partagé par la députée européenne Pervenche Béres qui préconise un plan de relance de 260 milliards d'euros. Pour Éric Heyer, directeur adjoint de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), un plan de relance doit réunir quatre qualités?: une grande ampleur (au moins un point de PIB)?; une mise en ?uvre dans toutes les grandes économies?; être réversible et toucher le champ le plus large possible de l'économie. Ainsi, en France, l'idée d'exempter de taxe professionnelle les entreprises qui investissent en 2009 est de ce point de vue une très bonne mesure car elle permet de lisser le cycle en incitant les entreprises à ne pas différer leurs dépenses. En revanche, une baisse de l'impôt sur le revenu serait moins opportune car elle ne bénéficierait qu'à la moitié des ménages, les plus aisés. Et une politique de grands projets d'infrastructures n'est pas forcément pertinente, car il faut du temps pour la mettre en ?uvre. Reste que la récession, en purgeant les bulles du passé, peut faciliter les conditions de la reprise. L'effondrement des cours du pétrole devrait ramener l'inflation à 0,6 % fin 2009 contre 3,6 % en juillet, selon l'OFCE. Cela représente un gain formidable en termes de pouvoir d'achat. C'est également un choc d'offre positif. À 150 dollars le baril, de nombreuses activités étaient appelées à disparaître dans la mesure où elles n'étaient plus profitables. Xavier Harel
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