Société Générale toujours plus rassurante sur sa solvabilité

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Infographie140,5 mm x 123.4BENJAMIN JULLIENPar les temps qui courent, afficher envers et contre tous sa confiance sur sa solidité financière ne suffit plus. Société Générale a donc tenu à rassurer aussi les marchés sur la bonne tenue de ses résultats au dernier trimestre de l'année 2008 comme sur l'ensemble de l'exercice écoulé et, par là même sur la qualité de ses fonds propres. Attaquée comme beaucoup d'autres en Bourse ces derniers jours, avec une chute de 22,6 % sur deux jours, la banque a réagi en dévoilant, hier avant Bourse, une estimation de résultat net établie à 2 milliards d'euros pour l'exercice 2008, en ligne avec les prévisions des analystes. Une estimation qui induit un quatrième trimestre 2008 légèrement positif de peu ou prou 100 millions d'euros.Société Générale assure que les métiers de banque de détail, en bénéfice de 2,1 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, ont présenté une « bonne résistance de leur activit頻 en France et à l'international. Les métiers de banque privée, de conservation, de courtage sur contrats à terme et de banque en ligne « affichent des performances satisfaisantes » malgré un contexte « de forte volatilité et de baisse des taux ». Sans surprise, les résultats de la gestion d'actifs sont en revanche « pénalisés par les mouvements de décollecte et par des dépréciations » affectant notamment la gestion alternative et le capital d'amorçage (« seed money »).Mais ce sont les résultats de la banque de financement et d'investissement (BFI) qui inquiétaient le plus les marchés, au regard des déboires de Deutsche Bank, qui a perdu 4,8 milliards d'euros au quatrième trimestre, essentiellement dans sa BFI. Les investisseurs ont donc apprécié l'annonce par Société Générale d'un résultat net « proche de l'équilibre » grâce à « l'appréciation de son portefeuille de couverture de prêts », et à la bonne résistance des activités récurrentes de taux, de changes et de matières premières, mais aussi de financement et conseil. La banque a limité les pertes de son activité de trading grâce à sa « politique de réduction des risques de march頻 engagée depuis la révélation de l'affaire Kerviel, et par « l'attitude prudente des opérateurs de march頻. Un succès pour Frédéric Oudéa, qui, selon des sources internes, aurait donné en milieu d'année dernière des instructions fermes afin que la BFI « réduise la voilure » pour se prémunir contre tout risque de perte importante, « même dans l'hypothèse extrême où le CAC descendrait sous les 2500 points ».Les marchés ont salué la nouvelle, le titre gagnant 5 % hier à l'ouverture. « Ces résultats, qui reflètent une très bonne résilience, constituent le premier signal positif depuis au moins deux trimestres pour Société Générale, mais aussi pour le secteur », s'enthousiasme un analyste, qui note que, ces derniers temps, les résultats des banques avaient pris la fâcheuse habitude de ressortir nettement en deçà des prévisions des analystes.De quoi rassurer définitivement les marchés sur la solvabilité de la banque, qui semble maintenant « assez confortable », selon un autre analyste. Pour peu qu'elle distribue moins de 40 % de son résultat, ce qui semble acquis au vu des pressions politiques pour la réduction des dividendes, elle augmentera en effet d'un demi-point son ratio de fonds propres durs, dont la faiblesse (6,8 % au 30 septembre) inquiétait les marchés. Sans compter le demi-point que générerait l'injection par l'État d'une seconde tranche de capitaux, dont la Générale recevra 1,7 milliard d'euros, même s'il n'est pas sûr que les marchés accepteront de les considérer comme des vrais fonds propres durs. La banque va aussi bénéficier, comme ses concurrentes, du basculement total dans le système prudentiel de « Bâle II », qui devrait lui permettre de gagner 0,3 point de plus. Au total, elle afficherait ainsi un ratio de fonds propres de base proche de 9 % à fin mars, sauf nouvelles pertes au premier trimestre. La spéculation entretenue autour du sujet des recapitalisations bancaires devrait donc logiquement épargner dans l'immédiat l'action Société Générale qui, malgré un gain de 10,3 % hier, à 27,18 euros en clôture, affiche un sévère recul de près de 44 % sur les trois derniers mois. texte d'exergue habillé et appliquer sur-lignage exergue colfine

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